samedi 18 mars 2017

Les Maraudeurs

Tom Cooper






  • Broché: 416 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL (4 mai 2016)
  • Collection : Terres d'Amérique
  • Exist en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Pierre Demarty
  • ISBN-10: 2226325751
  • ISBN-13: 978-2226325754









Pour paraphraser Trench, l’un des personnages des Maraudeurs, c’est un « sacré putain de bon roman! »

La Louisiane pour cadre, avec même un marque-page offert par l’éditeur pour promouvoir le tourisme dans cette région : eh bien si quelqu’un a encore envie de visiter la région après avoir tourner la dernière page, je me pose des questions! Peu de musique (ou alors elle sort par les oreilles de celui qui l’entend. Le bayou , certes, mais peuplé de créatures sauvages et très dangereuses (reptiles, félins, arachnides….). Le décor sinistré porte en outre les cicatrices de Katrina, ça c’est pour la terre. Quant à la mer qui est censée pourvoir aux besoins de la population par le biais de la pêche à la crevette, elle est dévastée par la rupture du pipeline de BP. Voilà, voilà.

Alors on oublie le circuit cajun et on se concentre sur l’histoire. Et là c’est du bonheur. Les personnages sont taillés à la serpe, rudes, usés par leur travail qui ne leur permet plus de vivre. On s’attache vite à Lindquist, qui lance avec acharnement de son seul bras valide promène avec lui un détecteur de métaux, à la recherche de doublons d’or du temps des flibustiers.
On suit avec passion les relations complexes de Wes et de son père, on frémit quand les jumeaux psychopathes se pointent dans les parages, prêts à en découdre pour protéger leurs délits, tandis que le couple improbable de losers Hanson et Cosgrove suscite autant la pitié que la raillerie. Et parmi ces résidents de Jeanette, circule un type mandaté par BP pour acheter le silence des sinistrés de la marée noire.

Et c’est en plus très drôle. Humour noir, certes, mais humour quand même. Et si on est loin d’un dépliant touristique, l’auteur capte et restitue une ambiance très particulière, à la fois répulsive et séduisante.

Peu de femmes dans ce récit : elles sont mortes ou parties. Elles sont cependant présentes dans les souvenirs ou dans les espoirs.


Donald Ray Pollock qualify ce premier roman de « brillant et palpitant » . Je ne l’aurais pas mieux résumé. 



Puis Lindquist comprit enfin pourquoi sa fille portait un foulard. Une trace de suçon, comme un petit médaillon pourpre, dépassait du carré de tissu. Il faillit demander à Reagan si son petit ami était une lamproie. Si elle s’était fait agresser par un débouche-chiotte. Mais certaines blagues étaient verboten – un interdit dont il réservait le privilège exclusif à sa fille

*

Fiston. Ca n'a rien à voir avec les cachets. Regarde la flotte. Regarde les infos. On bosse à perte; On ferait pareil dans n'importe quel boulot, ils nous enverraient direct dans un asile de dingues.

*

Derrière le tronc abattu d'un pin, Lindquist tomba nez à nez avec un vieux lynx au museau gris. L'animal grimpa se réfugier dans les branches d'un laurier et darda sur lui deux yeux jaunes enragés. Lindquist remarqua qu'il lui manquait une oreille, réduite à un moignon de chair déchiquetée. Il ressentit envers la pauvre bête un élan de compassion solidaire., mais sentit que ce n'était pas réciproque.





vendredi 10 mars 2017

Candide

Voltaire






  • Poche: 93 pages
  • Editeur : J'ai lu (25 août 2012)
  • Collection : Librio
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2290038598
  • ISBN-13: 978-2290038598






Candide est un roc, un pic , une montagne. Indéboulonnable du programme du bac. Voltaire continue à bien se porter dans la sphère de l’édition littéraire en France (il est vrai que son Traité sur l’intolérance a particulièrement fait recette après les attentats qui ont endeuillé le pays). 
J’y vois deux explications : 

Le caractère accessible de la lecture : au premier degré, on a une histoire mouvementée, truculente, excessive dans ses rebondissements, écrite d’une plume alerte et malicieuse, en constant décalage, renforcé par la naïveté du jeune homme, imprégné des balivernes enseignées par son mentor Pangloss.
C’est beaucoup plus engageant qu’un ouvrage théorique pontifiant et dogmatique.

Ce la n’empêche pas et même cela favorise l’expression d’une critique acerbe, c’est l’intérêt de la parodie et de la satire, d’écrire son fait aux cibles visées.

Sur la religion, si les prêtres sont fustigés à l’aune de leurs moeurs plus que contestables, Dieu est aussi perçu comme quelqu’un qui a fui ses responsabilités et qu’il est inutile d’implorer, c’est aux hommes de prendre en main leur destin.

Voltaire s’attaque aussi avec virulence à la guerre et à ses absurdités (et la religion n’est pas innocente dans le processus, et cela bien au-delà du siècle des lumières) ainsi qu’à l’esclavage : la rencontre avec l’esclave estropié est un choc pour Candide. Pas besoin d’une diatribe pour faire comprendre que Voltaire n’approuve pas.

L’aristocratie et ses prérequis de sélection à l’ancienneté des titres, prétentieuse, orgueilleuse, est celle par qui le malheur arrive : Candide est chassé du paradis terrestre et devra faire son apprentissage et confronter ses connaissances théoriques à la réalité du terrain.

C’est donc un véritable roman d’apprentissage, que ce voyage insensé effectué par Candide. A partir des certitudes initiales, fondées sur une vision caricaturale de la philosophie de Leibniz qui repose sur une harmonie pré-établie de l’univers, Candide observe, analyse et contrairement à panosse évolue peu à peu dans sa façon de penser, pour aboutir à une sagesse tout orientale : le bonheur est dans la simplicité et le dénuement.


L’oeuvre ne vieillit pas, tant dans sa simplicité de lecture, et dans la richesse de l’enseignement philosophique qu’elle contient . 


L’avez-vous bien lu? Qui est le père de Candide?



Cependant à force de médecines et de saignées, la maladie de Candide devint sérieuse.

*

- Ô Pangloss ! s’écria Candide, tu n’avais pas deviné cette abomination ; c’en est fait, il faudra qu’à la fin je renonce à ton optimisme.
- Qu’est-ce qu’optimisme ? disait Cacambo.
- Hélas ! dit Candide, c’est la rage de soutenir que tout est bien quand on est mal.

*

Je voulus cent fois me tuer, mais j’aimais encore la vie. Cette faiblesse ridicule est peut-être un de nos penchants les plus funestes : car y a-t-il rien de plus sot que de vouloir porter continuellement un fardeau qu’on veut toujours jeter par terre ; d’avoir son être en horreur, et de tenir à son être ; enfin de caresser le serpent qui nous dévore, jusqu’à ce qu’il nous ait mangé le cœur ?

mardi 7 mars 2017

La mémoire est une chienne indocile

Elliot Perlman







  • Broché: 592 pages
  • Editeur : Robert Laffont (10 janvier 2013)
  • Collection : Pavillons
  • Existe en version numérique 
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Johan-frédérik Sel-Guedj
  • ISBN-10: 2221109813
  • ISBN-13: 978-2221109816








Par quel chemin tortueux le panel de personnages issu de l’imagination d’Elliot Perlman pourra t-il se rencontrer? Il faudra pour le savoir parcourir les quasi 600 pages de ce roman fleuve si dense. Ce sera loin d’être un pensum, car l’auteur sait nous les faire aimer : 

  • Lamont, qui compte bien se racheter pour pouvoir partir à la recherche de sa fille, pas revue depuis qu’une bévue matinée de racisme ordinaire l’a confiné derrière les barreaux
  • Adam, fils de Jake, professeur d’histoire, que  la prestigieuse université de Columbia risque bien d’éjecter, car il ne suffit pas d’être un bon pédagogue pour être admis ad vitam aeternam dans ces temps du savoir : il faut publier! Et Adam n’a pas l’ombre d’une idée de sujet digne de ce nom
  • La famille McCray, Sonia, Michelle et Charles, trop lisses pour être heureux
  • et bien d’autres personnages qui n’ont de secondaires que le temps d’apparition qui leur est imparti 

Sur ce noyau dur, se grefferont des personnages cruciaux, appartenant au passé ou riche d’une mémoire accablante,  artisans de la future rencontre, celle que l’on attend patiemment.

Derrière le décor planté, se dévoile peu à peu l’indicible, et qui pourtant doit être dit. C’est le leitmotiv d’un mourant et c’est celui de l’auteur :  il faut que l’on sache ce qui s’est passé là-bas. Et là-bas, c’est Auschwitz. C’est la funeste destination de millions des déportés, durant la guerre qui a endeuillé le coeur du vingtième siècle. L’évocation de cette période est quasi-insoutenable, même si l’on sait, si on a vu Nuit et brouillard ou lu les nombreux récits qui relatent l’horreur. Mais il faut que l’on sache. Que le temps qui passe n’affadisse pas le crime.

En filigrane, est évoqué une autre facette de la haine, et si les législateurs ont érigé sur le papier une égalité de bon aloi, le problème du racisme envers les populations autrefois accueillies à bras ouvert avec un statut équivalent à celui d’un animal, corvéable à merci, est loin d’être résolu dans les faits en ce début de vingt et unième siècle.

La littérature se mêle à l’histoire  pour faire de ces témoignages un ingrédient romanesque et les personnages sont impliqués à des degrés divers dans le propos. L’ensemble est habilement construit. L’empathie succède à l’horreur. 

Impossible de rester indifférente à ce récit, qui m’a bouleversée et n’est pas prêt de sortir de ma mémoire, chienne indocile ou pas


Merci à JOE5 de m’avoir suggéré cette lecture.




Et, depuis la minute de votre naissance, qu'est-ce d'autre que la vie, si ce n'est une lutte à seule fin de compter, pour une personne au moins ?

*

La mémoire est une chienne indocile. Elle ne se laissera ni convoquer, ni révoquer, mais ne peut survivre sans vous. elle vous nourrit comme elle se repaît de vous. elle s’invite quand elle a faim, pas lorsque c’est vous l’affamé. Elle obéit à un calendrier qui n’appartient qu’à elle, dont vous ne savez rien. Elle peut s’emparer de vous ou vous libérer. Vous laisser à vos hurlements ou vous tirer un sourire.

*

Le récit chronologique pourrait bien représenter l’épine dorsale de ce corpus de connaissances que nous appelons l’histoire, mais la perspicacité, la psychologie, la vigueur de l’imagination nous aideront à saisir non seulement le « quoi » de l’histoire, mais aussi le « pourquoi », et c’est là une source de satisfaction des plus intenses.

vendredi 3 mars 2017

L'amie prodigieuse tome 3 Celle qui fuit et celle qui reste

Elena Ferrante







  • Broché: 480 pages
  • Editeur : Gallimard (3 janvier 2017)
  • Collection : Du monde entier
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070178404
  • ISBN-13: 978-2070178407









Pas de surprise pour ce troisième épisode de la saga napolitaine. Nos deux adolescentes, sont devenues des jeunes femmes, qui tentent tant bien que mal de tenir les rênes de leur destin. Illusion : tout est écrit. Pas dans un prédicat ésotérique, mais bien dans les mailles du filet tissé par le contexte historico-social, renforcé par la trame de leur appartenance à une famille bien spécifique.
L’heure est à la construction d’un couple, qui va de pair avec l’idée d’une descendance, sans choix  réel : la conscience d’une entrave à l’évolution d’une carrière universitaire est bien présente chez Elena, mais la pilule se distribue sous le manteau,. Le piège se referme sur la jeune femme, qui vit des heures lourdes et désespérantes auprès de Pietro, que nous découvrons très différent du fiancé épris.
Pendant ce temps, les liens qui unissent les deux amies se relâchent, le fossé se creuse et pourtant ce qui les rapproche, c’est cette ambiance de guerre civile qui a marqué les années de plomb en Europe de l’Ouest, particulièrement en Italie où l’activisme politique est violent.

A Naples, les luttes de rue qui opposaient les clans rivaux sont toujours présentes : ce qui a changé c’est l’âge des protagonistes et les méthodes (en gros, on joue toujours au Monopoly, mais avec des vraies rues et des vrais billets). 

L’auteur fait évoluer ses personnages avec un grand talent. Les traits se sont creusés et les défauts accentués mais on reconnait derrière chaque figure, l’enfant qui subissait ou dominait. La roue tourne , mais sur elle même.

C’est bien sûr Elena qui reste au centre de la narration. C’est à travers son regard que l’on vit cette période troublée . Toujours écartelée entre ses origines et ses ambitions, que la maternité met à mal, elle est plus que jamais à mes yeux le pendant italien de notre Annie Ernaux. 


Le récit n’a rien perdu de son intérêt, tant historique que romanesque et c’est avec impatience que je vais guetter la parution du quatrième épisode.

jeudi 2 mars 2017

Article 353 du code pénal

Tanguy Viel







  • Broché: 176 pages
  • Editeur : MINUIT (3 janvier 2017)
  • Collection : ROMANS
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2707343072
  • ISBN-13: 978-2707343079









Si l’on ne connaissait pas Tanguy Viel, il n’est pas certain que le titre de ce roman, même sur une couverture de la collection blanche, déchaine l’enthousiasme des foules de lecteur. A fortiori quand on sait que ce titre a été allégé (il s’agit dans les faits de l’article 353 du code de procédure pénal).
Ne nous fions donc pas aux apparences, ce récit n’a rien de rébarbatif ni d’obscur.

Les faits bruts sont établis dès les premières lignes : Kermeur a foutu Lazenec à la baille , juste après que celui-ci lui offrait le homard prisonnier du casier remonté à bord du Merry Fisher 930.

Le dénommé Kermeur dispose à partir de ce moment de 174 pages pour développer son argumentaire face au juge. Comment en est-il arrivé là? Qui est ce Lazenec généreux en homard, péché d’un bateau financé par un abus de biens publics? 

On est immédiatement dans l’ambiance de ce récit du far-ouest. contrairement à d’autres auteurs, qui font semblant d’être allé à Crozon pour visiter une bibliothèque improbable*, on identifie les décors, on s’y croit, on y est. Et si par moment, Kermeur a des envolées lyriques un peu trop travaillées, sa façon de s’exprimer fleure bon le terroir, les embruns. Et c’est avec une logique implacable qu’il refait l’histoire, celle d’une arnaque immobilière, inouïe, celle de la perversité d’un personnage malfaisant et suffisamment adroit pour embobiner tout un village sans péril, celle d’un homme qui n’a plus rien à perdre et qui ne voit pas d’autre issue que de se faire justice lui-même.

Et la justice dans tout ça?

Avant que la cour d'assises se retire, le président donne lecture de l'instruction suivante, qui est, en outre, affichée en gros caractères, dans le lieu le plus apparent de la chambre des délibérations  :

" Sous réserve de l'exigence de motivation de la décision, la loi ne demande pas compte à chacun des juges et jurés composant la cour d'assises des moyens par lesquels ils se sont convaincus, elle ne leur prescrit pas de règles desquelles ils doivent faire particulièrement dépendre la plénitude et la suffisance d'une preuve ; elle leur prescrit de s'interroger eux-mêmes dans le silence et le recueillement et de chercher, dans la sincérité de leur conscience, quelle impression ont faite, sur leur raison, les preuves rapportées contre l'accusé, et les moyens de sa défense. La loi ne leur fait que cette seule question, qui renferme toute la mesure de leurs devoirs : " Avez-vous une intime conviction ? ". 


Kermeur plaide. Avec ses tripes. Et avec toute l’adresse et le savoir faire de l’auteur, il emporte sans aucun doute l’intime conviction du lecteur d’avoir affaire à un roman de grande valeur .



vendredi 24 février 2017

Le cri

Nicolas Beuglet









  • Broché: 494 pages
  • Editeur : XO (8 septembre 2016)
  • Langue : Français
  • Existe en version numérique 
  • ISBN-10: 2845638205
  • ISBN-13: 978-2845638204







Elle n’est pas bien en forme, Sarah Geringën, lorsque l’auteur nous la présente : elle vient de se faire larguer mochement par son compagnon, ce qui fait resurgir sa tendance pathologique à somatiser. Deux solutions : ou l’on devient inapte à toute activité, au risque de sombrer dans la folie, ou bien le travail est utilisé comme une médication, un paravent pour ne pas entrevoir la triste réalité. C’est la deuxième option qui permet au roman de voir le jour dans la rubrique polar, et quel polar! Sarah se retrouve dans hôpital psychiatrique, (pour y mener l’enquête , bien entendu), à la suite de l’appel de l’un des employés qui signale le décès d’un patient. Sur place, un état des lieux superficiel pourrait faire conclure à un suicide.  Cependant, outre le fait que tout indique que le corps a été déplacé après la mort, et que la victime porte sur le front une cicatrice énigmatique « 488 », les conclusions du légiste sont formelles : l’homme est mort de peur.

A partir de ce moment, prendre une grande inspiration, avant de les lancer dans l’aventure, car il n’y aura plus de répit. Sarah Geringën a mis le doigt dans un engrenage qui la conduira en France aux côtés d’un journaliste tonique et peu timoré, pour vivre ensemble une investigation tonitruante et cauchemardesque (Indiana Jones , c’est de la roupie de sansonnet en comparaison.) Sarah et Cjristopher ont quelque chose de surhumain dans leur obstination. Ils font partie de ces héros qui ne mangent ni ne dorment (ou très peu et le réveil est toujours intempestif). Et si ce n’était l'épaisseur sous vos doigts des pages à venir, il est bien des chapitres où l’on ne donne pas cher de leur peau.

Leur curiosité et leur opiniâtreté les mènent sur un terrain jalousement tenu secret par les plus hautes autorités, qui ne souhaitent pas voir exposer en place publique les sinistres expériences pseudo-scientifiques destinées à savoir si , oui ou non, il y a quelque chose après la mort.

Un enquête menée tambour battant, destinée aux amateurs d’action intensive, et qui ne crachent pas sur un peu d’ésotérisme pour pimenter la trame.


De quoi donner envie de découvrir le premier roman de l’auteur, signé du nom de Nicolas Sker, et qui explore le domaine de l’anthropologie, qui a remettre en cause les principes fondamentaux de cette science. On aimerait le lire en poche.



Le mystère des Nigmes

Claude Ponti








  • Album: 48 pages
  • Tranche d'âges: 3 années et plus
  • Editeur : ECOLE DES LOISIRS (16 novembre 2016)
  • Collection : ALBUM
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2211231128
  • ISBN-13: 978-2211231121










Katastroff : les mots sont perdus! C’est le branle-bas de combat chez les souris archivistes. Des pattes de mouche sur les pages blanches : mais les mouches se défendent bien d’un tel forfait, et pointent du doigt les bourdons, qui eux mêmes accusent les Totémimiques. Et bien d’autre suspects chimériques  ou prosaïques croiseront le chemin de nos souris détectives, tant il est crucial de faire sortir le square de sa stupeur pétrifiante. A la manière d’un polar fascinant, l’enquête progresse à coup de déductions et de rebondissements réjouissants.

On ne présente plus Ponti : des dessins dignes de « Cherchez Charlie », autrement dit, on peut y revenir indéfiniment, certain de trouver de nouveaux détails pas repérés à la dernière lecture, des couleurs superbes, un texte où petits et grands , chacun à son niveau , dénichera les astuces, jeux de mots et calembours, rarement innocents. On y trouve même des collections de mots gros, gage d’un succès  intense à l’âge où l’on doit réfléchir à l’endroit où l’on est et avec qui l’on est avant le se permettre de les laisser échapper.

Derrière la vitrine de cette histoire pleine d’action, de suspens, et d’urgence, le message est clair : ne laissons pas disparaître les mots, briques des histoires, de la mémoire, de l’imagination. Sans les mots, tout se fige et disparaît; 


Le remède est simple: il faut lire et donner le goût de lire , le goût de faire vivre les mots , d’en inventer pour véhiculer les messages, et admirer le travail de ceux qui ont gardé en eux leur âme d’enfant.