vendredi 16 février 2018

Un mari idéal

Leah McLaren








  • Broché: 368 pages
  • Editeur : Albin Michel (31 janvier 2018)
  • Collection : A.M. ROM.ETRAN
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Carla Lavaste
  • ISBN-10: 2226320873
  • ISBN-13: 978-2226320872










Une bluette de facture américaine. Une comédie sentimentale comme on a pu en voir beaucoup au cinéma . D’ailleurs , je retiens d’emblée Julia Roberts pour le rôle principal , cette femme active  prise dans un conflit personnel entre maternité et profession , pas crédible du tout.

On n’est pas passionné par les malheurs de ce couple fortuné et gâté par la vie : réussite sociale, professionnelle, beau mariage. Même pas antipathiques, après tout ils doivent leur situation enviable pour un spectateur ignorants de leurs tourments au courage et aux sacrifices qu’ils ont faits pour en arriver là. 
Tout pour être heureux donc, sauf que la maternité insinue un grain de sable dans les rouages de ce tableau idyllique. Fatigue, redistribution des rôles , rancoeur viennent perturber la bonne marche du couple. Il suffit  alors que l’ami de la famille s’emploie à semer la zizanie dans tout ce bonheur affiché, tout en prétextant vouloir les aider….

Ça se lit bien et facilement, on ne peut même pas reprocher l’écriture tout à fait honnête, et correctement utilisée. C’est juste le thème qui est un peu vu et revu.
On ne peut même pas dire que c’est ennuyeux. 
Les personnages sont fort crédibles, mais leur propension à se créer des ennuis la où ils pourraient juste profiter de leur situation les met à l’abri de la compassion du lecteur. D'autant que l'auteur  n'en fait pas un portrait qui incite à la compassion : 

"Son intérêt démesuré pour les choses matérielles  ne provenait pas tant du plaisir personnel de pouvoir en jouir que de l'image qu'elles projetaient"

Un mot sur la couverture, qui trompe son monde , car elle évoque encore plus un roman à la guimauve qu’il ne l’est en réalité!

J’y vois un intérêt. : la preuve par neuf du rôle pervers de la justice dans le domaine des affaires familiales , véritable machine à broyer les couples , qui auraient pu peut-être trouver un terrain d’entente , avant que les avocats s’en mêlent .


Je remercie les éditions Albin Michel et Babelio pour m’avoir proposé cette lecture.


vendredi 9 février 2018

Où passe l'aiguille

Véronique Mougin







  • Broché: 464 pages
  • Editeur : FLAMMARION (31 janvier 2018)
  • Collection : LITTERATURE FRA
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 208139555X
  • ISBN-13: 978-2081395558










Chère Véronique

J’avais tant apprécié votre premier roman Pour vous servir, que je n’ai pas hésité longtemps devant votre proposition de découvrir le suivant.
Ravie de faire connaissance avec l’espiègle Tomi, rebelle dans l’âme, prêt à presque tout pour ne pas tirer l’aiguille comme son père et son grand-père, ma joie s’est teintée d’une nuance verte signifiant l’inquiétude : 1933, famille juive, le début des hostilités qui fondent de toute part sur cette communauté : rapidement mes doutes ont été levés.
Pourquoi Véronique? pourquoi me faire souffrir à ce point;? Pourquoi tenter de m’enlever le peu de foi qu’il me reste envers cette humanité cruelle et dépourvue de compassion ?
J’ai donc poursuivi, un peu plus désespérée. 
La lumière est revenue, cependant, lorsque Tom et son père se recréent une nouvelle vie. Un nouveau départ , certes , mais l’ombre des souffrances passés plane sans cesse, dans les cauchemars, forgeant une carapace et un mode d’être modelé par les horreurs passées.

Et puis vous m’avez cueillie, alors que je ne m’y attendais pas (je lis le moins possible les quatrième de couv’ et les encarts), et le récit a pris tout son sens , m’arrachant toutes les larmes que j’avais retenues, au point de distinguer avec peine les dernières lignes, les plus importantes , celles qui font que je vous remercie du fond du coeur pour ce que vous avez écrit là.

Votre écriture est un enchantement, au sens propre, et nous sommes entrainés dans la ritournelle de vos phrases et nous vivons avec vos personnages : souffrant  ou heureux avec eux au gré de votre plume.

Vous ferez partie sans aucun doute des auteurs dont j’attendrais à chaque rentrée la nouvelle parution.


Un mot pour la couverture, que je trouve très réussie, sobre et évocatrice.




Ecrire, c'est beaucoup plus grave, Tomi, avait décrété Séréna, qui en la matière n'est pas objective du tout (pour la situer, c'est le genre de fille qui relit les livres. Elle parle même aux auteurs morts, dans sa tête); Quand c'est écrit ça devient vrai Tomi, et même pire que vrai : réel.

*


Je ne lirai pas notre livre, non. Je connais trop bien mon passé et je ne veux pas souffrir.

*

Bien taillés, bien finis,  pas une surpiqûre relâchée,   du sublime rien que pour vous, pour vous protéger, vous parer, vous envelopper une dernière fois dans les règles de l'art et vous laisser partir bien couvertes, que vous le laissiez enfin vivre en paix, mais cet ourlet là est impossible. Il arrive trop tard. Saison  après saison, vous revenez en lui sous une forme ou une autre et vous reviendrez toujours. Je le sais moi , par ce que je suis arrivé au bout de mon chemin et qu'à la fin des jours les vérités pénibles nous apparaissent clairement, comme surgies du brouillard nécessaire à la vie: nos fantômes sont pas jamais décousus et leur absence une pluie qui ne se suture pas,  même avec des mains d'or




vendredi 2 février 2018

Fratricide

Patrice Quélard









ISBN : 9791094907023 
Éditeur : LES AMAZONES (03/02/2017)
existe en version numérique















Il est quelquefois bénéfique de répondre à la sollicitation d’un éditeur pour découvrir une parution récente, surtout lorsque l’on imagine  qu’un choix de hasard nous aurait peut-être incité à baisser les bras et les paupières pour abandonner le texte  rapidement , faute d’intérêt. 

Si l’entrée en matières est austère, sèche, factuelle, martiale et historique, pas une once de glamour ou de fantaisie,  pas un récit de gonzesses, et  alors que l’on sent le poids des 600 pages à venir, la persistance pour cause « comptes à rendre », est récompensée. 

Certes le style reste dans la même veine, mais au delà des faits historiques, de la précision d’orfèvre pour nommer les armes et leurs caractéristiques, de l’analyse subtile de l’art de la guerre, apparait bientôt un récit profondément humain, à travers le destin de trois hommes, victimes de la boucherie du début du vingtième siècle. déboussolés, perdus, se raccrochant à un code d’honneur que n’appliquent pas ses « penseurs à l’abri de la bataille ». Absurde, inique, écoeurant, il n’y a pas d’adjectif assez fort pour qualifier l’irresponsabilité de nos dirigeants  qui  ont envoyées au casse-pipe la jeunesse  de leur pays.

Et l’on souffre avec eux, de faim, de froid, on patauge dans la boue, et on crève de peur, assourdi par le vacarme ambiant . Certes les récits de la vie au front n’ont pas manqué en cette période de commémoration , mais c’est justement le style de l’écriture, à la fois détachée, mais qui donne l’illusion d’un témoignage (Mr Quélard n’a pourtant pas 120 ans, j’ai vérifié) , d’une histoire vécue de l’intérieur qui en fait la force.

Il faudra attendre pour que le destin des personnages présentés au début  se croise, mais les quelques pages consacrées à leur parcours commun sont suffisamment intenses pour inonder le récit d’ une lumière souveraine . C’est pour ce chemin partagé dans le mépris du devoir imposé et de l’obéissance aveugle que la persévérance est récompensée.

Il est peu probable qu’à distance je me souvienne des mérites respectifs d’un Lebel ou d’un Mauser, et j’aurai sans doute oublié la plupart des noms argotiques qui fleurissaient dans les tranchées, mais il est certain que ce récit de guerre restera dans ma mémoire, à long terme, par la force du propos et par la conviction que certains hommes parfois, conservent une lucidité que le formatage militaire (ou autre ) ne réussit pas à éteindre.


Merci donc aux éditions Les amazones et à Raphiki pour leur confiance .



des galons sur un tocard, cela ne ferait jamais plus qu'un tocard avec des galons, et ce ne serait guère mieux que de ne pas avoir de chef du tout. Alors qu'un crack avec des galons, c'est là que les galons faisaient toute la différence








samedi 27 janvier 2018

Le prince des marées

Pat Conroy






  • Poche: 1088 pages
  • Editeur : Pocket (20 janvier 2005)
  • Collection : Litterature
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Françoise Cartano
  • ISBN-10: 2266147978
  • ISBN-13: 978-2266147972











« L’histoire des Wingo est une histoire faite d’humour, de grotesque et de tragédie. Avec une prédominance de la tragédie »

L’auteur lui-même définit en deux lignes dans ce fleuve littéraire gigantesque, l’essence même de son récit. L’épopée d’une famille dysfonctionnelle, foutraque, perdue dans ses mensonges et les chausse-trappes de sa mémoire, marquée par un grain de folie transgénérationnelle. Un grand-père mystique, un père en recherche éternelle de la bonne idée, une mère aussi grandiose que dangereuse : le narrateur , Tom tente de reconstituer et de comprendre la trajectoire des trois enfants issus de cette généalogie démente.

Tous les ingrédients de ce qui fait mon bonheur de lectrice y sont : le décor New-Yorkais, doublé d’une Amérique sudiste rétro à souhait, la psychanalyste juive, la folie en filigrane, qui sublime la poésie, les valeurs bafouées du rêve américain : carton plein. Et que l’ouvrage fasse trois cents pages (là j’en redemande), cinq cents ou mille (et là le compte est bon), c’est gagné pour des heures de plaisir.  D’autant que l’écriture est magique, que ce soit dans les descriptions  de paysage  ou dans les épisodes de crise familiale d’une grande violence , les dialogues au top (l(humour du narrateur est sa principale défense), et les personnages analysés avec subtilité. Malgré l’épaisseur du pavé, pas d’ennui. Les chapitres se succèdent en réservant des surprises de taille : l’histoire du marsouin blanc ou de la tortue puante, non seulement sont drôles mais représentent aussi des éléments cruciaux dans l’histoire de la saga familiale et aident à comprendre les drames. nous avons même le droit aux cadeaux d’un conte pour enfants et des sublimes poèmes de Savannah. 
Tout y est là , la guerre du Vietnam, la guerre froide, la lutte des classes, le racisme (on n’est pas dans le sud pour rien). 


On peut se demander si Pat Conroy n’a d’ailleurs pas été l’initiateur de ces romans américains dont je listais les ingrédients  ci-dessus. Il est paru en 1986 et pourrait être le chef de file d’une recette à succès. Est-ce une bonne idée de se jeter sur le film avec Barbara Streisand?




Je me mis à aimer le silence des petits matins. C'est dans le calme que je commençai à tenir un journal où je consignais de solennelles remarques dans la calligraphie convenue de l'enseignement public, les caractères s'étant rétréci au fil des ans en écho à mon propre déclin.

*

Pour décrire notre enfance dans les basses terres de Caroline du Sud, il me faudrait vous emmener dans les marais, un jour de printemps, arracher le grand héron bleu à ses occupations silencieuses, disperser les poules d'eau en pataugeant dans la boue jusqu'aux genoux, vous ouvrir une huître de mon canif et vous la faire gober directement à la coquille en disant "Tenez. Ce goût-là, c'est toute la saveur de mon enfance." Je dirais: "Inspirez fort", et vous avaleriez cet air dont la saveur serait inscrite dans votre mémoire pour le reste de vos jours, arôme exquis et sensuel, impudent et fécond des marais, parfum de Sud caniculaire, du lait frais, du sperme et du vin répandus, avec, toujours, un relent d'eau de mer. Mon âme se repaît comme l'agneau de la beauté des terres baignées d'eau de mer.

Quel genre de torture? demanda Luke.
Pour commencer, je leur passerais de la musique classique. Et puis, je leur ferais lire l'intégrale de Jane Austen. Et pour couronner le tout, je les obligerais à subir une opération pour changer de sexe sans anesthésie.


vendredi 19 janvier 2018

Vies minuscules

Pierre Michon








  • Poche: 248 pages
  • Editeur : Gallimard (26 novembre 1996)
  • Collection : Folio
  • Langue : Anglais, Français
  • ISBN-10: 2070401189
  • ISBN-13: 978-2070401185








Minuscules et précieuses comme des pierres brutes que l’écrin des mots et des phrases cisèle en pierres précieuses. Vies ordinaires de gens ordinaires, magnifiées par la magie de l’écriture. Histoires d’amour, de trahison, d’amitiés et de haine, de celles qui laissent des traces et forgent les destins. 
C’est un sublime hommage à ses ancêtres, ces gens de peu, qui ont tracé les sillons de ce que sera son existence.
La langue est originale, unique, proustienne par la longueur et la complexité de ses phrases, mais fleurant bon le terroir par les particularités du lexique. C’est une réconciliation avec la littérature, dans ce qu’elle a de plus artistique. De celle  écrite avec les tripes. De celle qui se mérite, loin des fadaises des autofictions pourtant couronnées de lauriers médiatiques. 

« Il ne pensait pas vraisemblablement que ce monde fut mauvais, mais au contraire insolemment riche et prodigue, et on ne pouvait répondre à sa richesse quand lui opposant, ou lui ajoutant, une magnificence verbale épuisante et totale, dans un défi toujours recommencer et dont  l’orgueil est  le seul moteur ». 

Tout est là :  la magie du verbe, le pouvoir qu’il confère, la couleur qu’il donne à la nature, ici personnage à part entière , aux sentiments, aux histoires même banales. 

Très belle expérience de lecture, exigence, mais l’effort est à hauteur de la récompense.



Pour lui peut être vrombrissaient les anges, et il tendait l'oreille à leur musique; mais sa bouche n' en commentait pas les paroles d'or et de miel, sa main n'en transcrivait nul verbe d'éblouissante nuit.
Les tilleuls traçaient des ombres cursives, frémissantes, sur sa tête chauve et toujours étonnée; il contemplait ses mains épaises, le ciel, ses mains encore, la nuuit enfin; il se couchait abasourdi.

*

Les choses du passé sont vertigineuses comme l’espace, et leur trace dans la mémoire est déficiente comme les mots : je découvrais qu’on se souvient.

*
j’étais roi d’un peuple de mots, leur esclave et leur pair ; j’étais présent ; le monde s’absentait, les vols noirs du concept recouvraient tout ; alors, sur ces ruines de mica radieuses de mille soleils, mon écriture postiche, virtuelle et souveraine, spectrale mais seule survivante, planait et plongeait, déroulant une interminable bandelette dont j’emmaillotais le cadavre du monde. 






vendredi 12 janvier 2018

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en a qu'une

Raphaëlle Giordano









  • Broché: 218 pages
  • Editeur : Editions d'Organisation; Édition : 1 (17 septembre 2015)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2212561164
  • ISBN-13: 978-2212561166










Le lecteur serait-il un enfant à qui on fait avaler un médicament amer en le dissimulant dans son dessert préféré? Curieuse impression de m’être fait gruger.

 Des livres de développement personnel, j’en lis, en choisissant soigneusement l’auteur et le thème. 
Des bluettes à l’eau de rose, beaucoup moins, certes mais pourquoi pas lors d’un sombre après-midi d’hiver avec un thé, un chat et une couverture? 

Par contre, le mélange des deux est très indigeste. D’autant que ce qui est censé donner une allure de vécu au récit est tricoté avec de grosses ficelles et des aiguilles XXL.  Et que les recommandations de bonne pratique (de la méditation, de la pleine conscience, de l’importance de déterminer des priorités, de ranger ses affaires, ses idées, sa vie et tout ce qu’elle contient) sont des notions de bases déclinées à l’infini dans tous les ouvrages du genre. 

 Et c’est là que,  nouvelle référence à l’enfance, on entre dans le monde des bisounours. Car pour notre trentenaire débordée, un peu trop grosse, un peu trop gentille, un peu trop fatiguée, les préceptes du « routinologue » rencontré par un temps dégueu sur une route de campagne alors que la nuit tombe et que sa voiture tombe en panne (si, si, tout ça en même temps), les préceptes , donc , marchent du premier coup. Pas un petit échec, pas d’abandon, pas de découragement, pas de doute :  le succès est au bout de la ligne. Certes un tout petit mystère hante les pages en ce qui concerne la vrai nature du coach (jamais nommé ainsi). Pas de quoi se réveiller en sursaut la nuit suivante…


Vite lu, et peut-être même pas si vite oublié,  après cette impression d’avoir été prise en otage. 


vendredi 5 janvier 2018

Un astronaute en Bohème

Jaroslav Kalfar























Roman foisonnant, qui explore de multiples horizons, de l’histoire à la science-fiction en flirtant avec le fantastique , sans omettre les secret de famille, de ceux qui constituent les bases précaires d’une destinée .

Le narrateur est, comme l’auteur d’origine tchèque, et la ville de Prague est bien présente, exposant ses trésors au fil des pages : la tumultueuse Moldau, la fameuse horloge ou la place Venceslas, lieux riche d’histoire et d’histoires. Le passé maudit du père de Jakub laisse entrevoir les affres des alliances fâcheuses, qui jettent l’opprobre sur trois générations. 

L’originalité en fait cependant pas peur à l’auteur qui n’hésite pas à projeter dans le temps futur les conséquences d’un siècle de mondialisation conflictuelle. Nous faisons connaissance avec le narrateur dans un vaisseau spatial, parti étudier un curieux nuage de poussière qui teinte le ciel nocturne de nuances de pourpre.

Et malgré cet éventail de situations , l’intrigue est cohérente et menée de main de maitre.  Pas de temps mort, On rebondit du passé au futur, et du futur au présent. en croisant une foule personnage dont l’homophonie approximative des noms vient jeter un trouble savamment instillé. 


Une vraie révélation, et un auteur à suivre pour confirmation de talent littéraire.

PS Ne pas se fier au titre, peu attirant et à la couverture ,  pas franchement réussie.



Et mon corps disparaîtrait avec tout le reste – les sensations, les plaisirs, et les soucis que je ne pouvais chasser de mon esprit: les gens que j'aimais, les petits déjeuners servis comme des diners et les cocktails servis comme des petits déjeuners, les changements de climat, le gâteau au chocolat chaud, mes cheveux de plus en plus crie, Les mots croisés du dimanche, les films de science-fiction, la conscience d'un monde consumé par l'effondrement financier ou une catastrophe environnementale, ou par une une grippe baptisée une fois de plus du nom d'un énième animal inoffensif.