vendredi 18 août 2017

Mindmap Dessine-moi l'intelligence

Tony Buzan







  • Relié: 228 pages
  • Editeur : Editions d'Organisation; Édition : 3 (22 août 2012)
  • Collection : Les Guides Buzan
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Marianne Bouvier
  • ISBN-10: 2212553315
  • ISBN-13: 978-2212553314









Quoi de mieux que de s’informer à la source? Si les ouvrages et articles consacrés aux cartes mentales (cartes heuristiques, mind map en VO) apparaissent sur les étals de développement personnels et que les réseaux sociaux leur font la part belle, autant laisser leur créateur en parler. Tony Buzan est un psychologue anglais branché sur la mémoire, la lecture rapide et sur cette technique d’association d’idées, qui favorise la mémorisation et stimule la créativité.

Une carte mentale, c’est d’abord une grande page blanche, une tabula rasa. Le sujet que vous allez ou retranscrire à partir d’une conférence ou d’un écrit, ou sur lequel vous allez plancher, vous le placez en un mot (ou encore mieux en une image) au centre de la page. Autour de ce mot vont rayonner peu à peu au gré de la progression des idées qui s’y rattachent, d’autres mots ou images, reliés par des lignes, plus ou moins ramifiées. 
Le résultat ressemble à un circuit neuronal!

L’auteur conseille de ne pas être avare de couleurs, de dessins, qui favorisent le travail de la mémoire.

C’est censé être utilisable pour de multiples objets. La lecture en particulier. Personnellement j’ai trouvé cela très utile dans le cas d’un essai dense (La Folle Histoire des idées folles en psychiatrie de Boris Cyrulnik) et oui, cela m’a bien aidée lors de la rédaction de la chronique. Plus qu’avec des notes linéaires? Difficile de le dire. Par contre pour un roman, le fait de devoir sans cesse se mettre à distance de l’intrigue pour prendre des notes empêche de s’y immerger totalement.

Reste aussi à apprécier l’effet à distance : après quelques mois de stockage , les notes ramifiées ont-elles encore un sens? 

Ces réflexions sont faites à chaud, alors que je ne maitrise pas encore parfaitement le processus et seront donc à revoir.

C’est en tout cas un manuel bien fait, convaincant, agréable à parcourir, agrémenté de nombreux exemples.

On apprend quasi qu’il existe une application pour créer ses mind maps sur ordi ou tablettes. 80 euros la version ordinateur : quelques crayons de couleurs et du papier blanc me paraissent être un investissent plus raisonnable, d’autant que le fait d’écrire soi-même est certainement plus efficace pour la mémorisation.



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jeudi 17 août 2017

Le lecteur de cadavres

Antonio Garrido






  • Broché: 768 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (3 juin 2015)
  • Collection : Policier / Thriller
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
    • Traduction (Espagnol) : Nelly Lherminier
  • ISBN-10: 2253184195
  • ISBN-13: 978-2253184195













Coup de coeur pour ce polar sino-médiéval riche en émotions, en action, et en documentation!

Nous sommes en Chine, au 13è siècle, alors que la dynastie Song est à son apogée. 
Lorsque nous faisons la connaissance de Cí, celui-ci se prépare à une dure journée de labeur à la rizière, laissant à la maison sa petite soeur malade, son père usé par l’âge, alors que Lu le frère ainé  établit son autorité sur la famille.
Pourtant, peu de temps auparavant, Cí avait su par son courage et ses qualités se faire une place et un renom à Lin’an. Son application et son habileté  à lire les indices lors de l’examen des cadavres auprès du juge Feng pouvaient lui faire entrevoir un avenir prometteur à la capitale. 
Malheureusement, le décès du grand-père contraint la famille doit rentrer au village, selon les rituels de deuil en vigueur. 
C’est le début d’une descente aux enfers pour Cí et sa famille, et bientôt pour Cí seul…
De retour à la ville, les obstacles vont s’accumuler sur le parcours du vaillant jeune homme, parfois prêt à abandonner tant le sort s’acharne sur lui..
Mais c’est un personnage hors du commun. Si sa naïveté lui vaut bien des déboires, sa résistance aux attaques physiques (pas ordinaire, puisqu’il est atteint d’une maladie neurologique rare, qui le rend insensible à la douleur au froid et au chaud. Utile quand on est attaqué, dangereux quand on est la proie des flammes). Et c’est surtout sa détermination inébranlable qui permet au roman d’emmener le lecteur pour un long voyage passionnant sur plus de sept cent pages.

Le suspens est intense, et je n’ai pu résister à la tentation de parcourir les dernières pages pour savoir si le jeune homme était toujours là…


C’est un roman d’aventures fascinant, très instructif sur l’histoire de la Chine, savamment incluse dans l’action , sans effet de copié collé. 



Une très belle découverte : les deux autres titres de l’auteur sont déjà au menu de mes lectures à venir.

http://www.allodocteurs.fr/livre/la-selection-du-04-04-2014_13066.html



Un arbre est toujours responsable de ses fruits, mais un fruit ne peut l'être de son arbre.

*

Je ne comprends pas les motifs qui ont pu le pousser à commettre des crimes aussi épouvantables.
- Et qui peut les comprendre ? Le problème réside en ce que nous essayons souvent de juger des actes insensés avec notre bon sens.

*

Il était habituel et connu que les eunuques étaient les candidats parfaits pour administrer le patrimoine du palais, car, étant dépourvus de descendance, ils n'avaient pas la tentation de détourner des ressources à leur propre bénéfice.







http://www.allodocteurs.fr/livre/la-selection-du-04-04-2014_13066.html


dimanche 13 août 2017

La nature des choses

Charlotte Wood







  • Broché: 288 pages
  • Editeur : Le Masque (6 septembre 2017)
  • Collection : Grands Formats
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Sabine Porte
  • ISBN-10: 2702448534
  • ISBN-13: 978-2702448533










Comment peut-on se retrouver en huis clos dans un espace totalement ouvert? En étant confiné dans le bush australien, dans des locaux désaffectés, en compagnie de deux geôliers aussi piégés que leurs captives tandis que la clôture électrique calme les velléités d’évasion.

Qui sont-elles ces jeunes femmes et pourquoi sont-elles là? Le mystère n’est pas entièrement éclairci, car ce ne n’est pas le but du récit. On sait vaguement qu’elles ont été impliquées dans des histoires de scandale sexuel, mais pourquoi les avoir rassemblées et qui est à l’origine de leur rapt, on n’en sait rien et on s’en fiche un peu.

L’essentiel est ce qui va se produire et évoluer dans les relations entre les prisonnières et avec leurs gardes. D’autant que les conditions de détention sont extrêmement spartiates. La période de réclusion se prolonge jusqu’à ce que la réserve des maigres denrées plus ou moins périmées s’épuise. C’est l’occasion d’un glissement des rapports de force dans le groupe de reclus.

On n’est pas loin des romans de Robert Merle, comme L’île ou Malvevil, qui témoignent de ce qui se met en place dans une communauté humaine confrontée à la lutte pour sa survie. Les personnalités se dévoilent , évoluent au gré des difficultés rencontrées, et bien vite à chaque fois les conflits surgissent

Ici l’auteur s’attache plus particulièrement à l’évolution individuelle de deux des jeunes femmes, que cette expérience va profondément transformer.

C’est assez rude : les détails sur l’évolution physique des prisonnières, dépourvues de toute possibilité d'hygiène minimale, ne nous sont pas épargnés. On rêve pour elle d’une douche et d’un peigne et on imagine le luxe que pourrait constituer un tube de dentifrice! La violence des geôliers n’a pas de limite. Autant dire que ce n’est pas une lecture apaisante, pas du tout un roman feel-good. On est confronté à ce que la nature humaine peut engendrer de pire.

C’est une lecture marquante, difficile à oublier, avec comme effet secondaire de vous dissuader de manger du lapin pour le reste de vos jours.

Merci à Babelio et aux Editions du Masque pour leur confiance.



D’une voix enrouée qui résonne au creux de ses oreilles, elle s’entend dire : J'ai besoin de savoir où je suis. L’homme se tient là, grand et étroit d’épaules, la main toujours sur la poignée, surpris. Le ton presque compatissant, il répond : t'as surtout besoin de savoir ce que t’es, ma belle.

*

Boncer se remet à murmure avec Teddy.
Puis, dans un souffle : "C'est de la téléréalité."
C'est Hetty, la fille du cardinal au bras brûlé qui a parlé. Les coiffes pivotent. Le silence se prolonge.
Elle chuchote de nouveau : "Comme Bachelor, mais en plus pointu."
Sa soeur travaille à Channel Ten. La gagnante remporte deux cent mille dollars

*

On peut amener le cheval à l'abreuvoir mais pas le forcer à boire. On peut amener une pute à la culture, mais pas la forcer à réfléchir.




vendredi 11 août 2017

La porte

Magda Szabó









  • Broché: 276 pages
  • Editeur : Viviane Hamy (17 janvier 2005)
  • Collection : Bis
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Hongrois) : Chantal Philippe
  • ISBN-10: 2878582004
  • ISBN-13: 978-2878582000








Superbe roman autobiographique de l’écrivaine hongroise, qui relate avec pudeur et émotion l’étrange relation, faite d’attraction et de répulsion, qui s’est créée entre elle et sa femme de ménage, l’énigmatique Emerence.

Tout repose sur la personnalité de cette femme très particulière, au passé complexe, dont elle ne livre que des bribes , différents en fonction de son interlocuteur, de telle sorte que chacun n’a qu’une compréhension partielle de sa vie , et de ce qu’elle est.

Elle ne passe pas inaperçue Emerence, et ne laisse personne indifférent. Elle sait construire un mystère autour d’elle, par les lacunes de son passé, mais aussi avec cette porte , close à tous sans exception, et dont les critères d’ouverture posthume sont très restrictifs.

Autant dire que la vie quotidienne n’est pas simplifiée par la présence de l’employée fantasque. L’écrivaine est loin de contrôler les événements. Pire, ses tentatives pour apprivoiser la vieille femme sont autant de camouflets en retour. D’autant que ce couple conflictuel est complété par un intrus à quatre pattes.

Regrets, remords, culpabilité, liés à la trahison nécessaire, colère, exaspération face à la pugnacité d’Emergence, admiration aussi, impossible à exprimer , toute une gamme de sentiments contradictoires que peut inspirer une telle personnalité sont déclinés avec justesse. Un kaléidoscope : c’est vraiment l’image que m’évoque Emerence, variable au fil du temps, et c’est cette image mouvante qui force l’admiration.


Ce qui frappe dans cette histoire qui semble relatée avec sincérité, c’est la qualité de l’écriture (une grosse frayeur cependant dans la première page, où trône une faute de syntaxe conséquente qui fait craindre pour la suite, mais qui se révèle heureusement isolée, et est vraisemblablement liée à la traduction). Belles constructions de phrases, lexique riche, allusions discrètes à, la situation politique de la Hongrie du début du vingtième siècle, tout concourt à une impression globale d’authenticité.




... au dessus de notre lit, l'iconostase familiale, mes aïeux parricides, vêtus de dolmans soutaches, à la mode baroque ou Biedermeier, mes aïeux qui voient tout, qui comprennent tout, qui sont les seuls à savoir combien de fois j'ai couru la nuit ouvrir la porte aux premiers secours....

*

Le temps était le meunier d'un moulin éternel, dont la trémie déversait les évènements de la vie dans le sac que chacun apportait à son tour.

*

...dès qu'elle ne peut plus apporter son aide, elle ne voit plus de justification à son existence 







jeudi 10 août 2017

La Mémoire de Babel La Passe Miroir T3

Christelle Dabos























Grand plaisir de retrouver l’héroïne aux lunettes émotives et à l’écharpe fusionnelle! D’autant que l’attente fût longue. 
La crainte d’une lassitude est latente lorsqu’on accroche les wagons d’une série : pas de déception ici, et c’est même sans doute celui que j’ai préféré des trois parus. L’action est sans doute moins alambiquée, tout se passe quasiment sur Babel, les personnages sont moins nombreux. On a affaire à une véritable intrigue policière , dont l’enquêtrice est Ophélie elle-même.

L’ensemble reste tout de même très inventif : hybride de  Lewis Caroll et de J. K. Rolling, on imagine sans peine un Tim Burton s’emparer de l’affaire pour concocter une réalisation sur grand écran.

On perçoit aussi l’évolution d’Ophélie, qui affiche deux ans de plus, qui tire partiellement parti de ses expériences passées. Si elle reste encore prisonnière de son manque de confiance, elle parvient à se dépasser d’autant qu’elle prend aussi conscience de la mission de grande envergure qui se dessine pour elle, bien au delà de sa volonté de retrouver son époux. Déterminée et prête à enfreindre les tabous, elle garde cependant des zones de fragilité qui la rendent toujours aussi touchante.

J’ai beaucoup apprécié le décor et l’analyse du fonctionnement de la cité de Babel, une arche dont l’apparente perfection cache un pouvoir totalitaire et avec ce que cela implique : délation, contrôles, surveillance ubiquitaire, négationisme…

L’auteur n’oublie pas les livres, qui sont au coeur de l’intrigue, dans cette sorte de grande école où la concurrence fait rage pour devenir « virtuose ». 


Le quatrième tome se fera t-il aussi longtemps attendre? Est-il prudent de laisser les arches dans l’état de précarité et d'instabilité décrit par l’auteur? 



Ophélie ôta ses lunettes et frotta longuement ses yeux brûlants. A force de fixer du texte, elle avait des mots imprimés jusque sous les paupières. Alors qu'elle s'étirait sur sa chaise, elle leva la tête vers le plafond. Ou plutôt vers le sol. des visiteurs y marchaient à l'envers, évoluant en silence entre les rayonnages des bibliothèques. Cela lui faisait toujours un drôle d'effet de penser que c'était elle qui se trouvait en haut et eux en bas.

*

Il m’a fallu plus de deux ans pour mettre en place des groupes de lecture qualifiés afin de passer au crible toutes les collections. Le premier ouvrage que vous prenez par inadvertance est le bon. Votre propension à malmener les statistiques est effrayante.

*

Fête de l’Argenterie, fête des Instruments de musique, fête des Bottes, fête des Chapeaux… Chaque année, y a une nouvelle guindaille dans le calendrier ! Bientôt, verrez qu’on fêtera les pots de chambre. D’mon temps, on ne gâtait pas les objets comme aujourd’hui, et après on s’étonne qu’ils nous fassent des caprices.




lundi 7 août 2017

Cobayes

Robin Cook






  • Broché: 540 pages
  • Editeur : Albin Michel (31 mai 2017)
  • Collection : A.M.THRIL.POLAR
  • Existe en version numérique 
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Pierre Reignier
  • ISBN-10: 2226324011
  • ISBN-13: 978-2226324016











Depuis 1977, ce ne sont pas moins d’une vingtaine de thrillers médicaux qui sont sortis de l’imagination fertile de Robin Cook. Tous lus, presque tous appréciés (même après une quasi overdose de trois ou quatre dévorés à la suite les uns des autres).

Cobayes ne dénote pas dans la liste : un jeune homme en pleine santé est opéré d’une banale pathologie ligamentaire mais pendant l’intervention survient un accident qui le plonge dans un coma profond. Son transfert est envisagé vers un institut attenant à l’hôpital, spécialisé dans la prise en charge de patients en état de mort cérébrale. Seulement voilà , sa presque fiancée est une brillante étudiante en médecine, qui ne croit pas un instant au scénario officiel….

Il s’ensuit comme toujours une enquête officieuse, semée d’embuches hautement dangereuses.
Comme toujours,  pas de temps morts dans ce pavé de plus de 520 pages qui se dévorent sans aucun beaucoup plus vite qu’elles n’ont été rédigées.

Sur le plan médical, tout est au top, même si l’auteur se permet comme souvent quelques incursions dans le domaine de l’anticipation.


Chose incroyable : je découvre en refermant la dernière page, que le roman précédent Cobayes m’est inconnu : bonne nouvelle que cette perspective de passer encore un bon moment à frissonner lors de courses poursuites effrénées ou à m’indigner sur l’évolution potentielle de la médecine.


vendredi 4 août 2017

Arbor

Antoine Herscher








  • Relié: 96 pages
  • Editeur : ACTES SUD (9 novembre 2016)
  • Collection : PHOTOGRAPHIE
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2330070594
  • ISBN-13: 978-2330070595










Eté sous le thème des arbres. Après le magnifique La Vie secrète des arbres, voilà un ouvrage complémentaire : Actes Sud publie ce recueil de photographies d’arbres remarquables. Rarement isolés, c’est le paysage qu’ils composent en mêlant leurs branches, que saisit l’objectif. Ou alors c’est un individu rebelle qui se dresse parmi ses congénères alignés. Ce sont aussi quelques illusions créées par l’enchevêtrement des ramures, ou des troncs comme autant de chimères issues de la perspective.

La déclinaison de l’ombre et de la lumière dans un dégradé de noir et de blanc, discrètement sépia, ajoute au mystère et  et accentue l’impression de pérennité des paysages, ou tout au moins de la durée immense qui a été nécessaire pour que nous soyons le témoin de ces scènes sylvestres.



Ombres, lumière, reflets, alignements, perspectives c’est une superbe balade inspirant une réflexion méditative . De quoi ouvrir les yeux ou les fermer à moitié lorsqu’on a la chance de déambuler dans les bois.