vendredi 20 octobre 2017

Mon gamin

Pascal Voisine







  • Broché: 248 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (16 août 2017)
  • Collection : Littérature Française
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2702161820
  • ISBN-13: 978-2702161821










Voilà un roman qui ne dévoile pas immédiatement toutes ses clés, ce qui contribue au plaisir de le lire. 
Il met en scène un personnage central que l’on aimerait reconnaître : on aimerait mettre un nom sur ce chanteur à succès retiré de la scène et qui écrit pour les autres. Les noms qui vous viendront d’emblée à l’esprit, seront réfutés au cours de l’intrigue…
Mais le sujet principal n’est pas là

Pour Thierry, alias Marc Adler, il s’agit d’un retour aux sources, lié au décès de sa belle-mère. Les formalités auraient pu être simples, mais alors il n’y aurait pas eu de roman. Or, immédiatement reconnu,  malgré les années qui ont passé, par un pensionnaire de l’hôpital psychiatrique que son père dirigeait, Marc se retrouve plongé au coeur de son adolescence dans ce qu’elle a eu de plus dramatique, au cours de l’été 1977.

C’est une sorte de roman initiatique à l’envers, ou comment se construire sur ou malgré un drame aux conséquences dévastatrices, avec clairement un avant et un après.

L’ambiance générale doit beaucoup à la présence des malades mentaux , évoqués avec respect, en pointant ce que signifie une parole donnée et ce qu’elle implique sur l’irréversibilité d’une amitié quelles que soient les circonstances.La simplicité d’esprit est un corollaire de l’amitié indestructible.

Les personnages « ordinaires », ceux qui travaillent auprès de la population des internés, ne sont pas laissés pour compte. Il n’est pas facile de passer inaperçu quand on est fan d’Elvis.

Autrement dit, tout est fait et bien fait pour que l’intérêt du lecteur reste bien présent. Le suspens, les rebondissements, rien ne manque.
Et si l’on ajoute que ce récit dramatique ne manque pas d’humour et est rédigé d’une plume alerte et fine, on comprendra que l’ensemble est fort réussi et mérite les quatre étoiles et demi.

Merci à Babelio et aux éditions Calmann-Lévy pour leur confiance




Ce matin pour se rendre à l'enterrement, Marc quitte Dinard où il réside depuis qu'il s'est retiré de la scène musicale, en pleine gloire, vingt ans auparavant. Sa carrière n'aura duré que le temps de cinq albums en studio et trois en live, avec un succès exponentiel. De la variété française aux accents pop rock nourrie de ses inspirations de jeunesse.

*
Entre patients, on se surveille, on s’aime bien parce qu’on est obligés de se supporter mais surtout on attend qu’il y en ait un qui regarde ailleurs pour lui piquer son dessert ou ses cigarettes

*
Comme dans Pinocchio, je deviens un vrai petit garçon normal et je retourne chez eux. Mon père n’a plus honte de moi, il m’emmène avec lui pour me présenter fièrement à ses copains. On boit des coups, on rigole, on joue aux cartes. Après on rentre à la maison, maman nous engueule mais elle est quand même contente d’avoir un grand garçon normal




vendredi 13 octobre 2017

La fonte des glaces

Joël Baqué







  • Broché: 288 pages
  • Editeur : P.O.L (17 août 2017)
  • Collection : FICTION
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2818013917
  • ISBN-13: 978-2818013915









Le titre est assez clair : à moins que l’auteur ne revienne sur un traumatisme de sa jeunesse, (un été chaud, des mains collantes, et un cornet insuffisant pour retenir la lente descente d’un sorbet à la fraise) , on se doute que le réchauffement climatique planétaire fera office de décor à une fable contemporaine. 

Mais Joël Baqué nous prouve qu’il est possible de traiter le sujet avec subtilité, humour, perspicacité et intelligence.

Le personnage central est tout ce qu’il  ya de plus ordinaire : une vie de veuf après quelques décennies de complicité charcutière avec sa défunte épouse, une tendance à la déprime, un laisser aller général, une retraite en pente douce vers un au-delà potentiel. Inéluctable si une découverte improbable sur l’étagère d’une vieille armoire de brocante n’avait pas fait basculer son destin.

Le sujet est un thème récurrent des romans d’anticipation, qu’ils soient dystopiques ou post-apocalyptiques, et ici, on est dans un présent bien identifié, et la biographie de Louis fait référence à des pages marquantes notre  histoire récente. Là aussi, le point de vue adopté fait appel à la dérision, respectueuse malgré tout. Les situations sont cocasses, la mort du père de Louis, son idylle adolescente qui lui inspira une mémorable chanson funky, puis l’harmonie de son couple jusqu’à la disparition de la femme de sa vie, c’est terriblement banal, mais traité avec un style décapant. C’est fort drôle. 
On imagine bien Louis, dans sa banalité ordinaire, son manque d’entrain qui contraste avec une volonté farouche d’aller au bout de son rêve. 
C’st aussi le constat du pouvoir insidieux des réseaux sociaux qui peuvent du jour au lendemain faire d’un anonyme une célébrité, à son corps défendant et quitte à ré-interpréter les aspects les moins glamours pour qu’ils fassent partie de la légende , fut-elle éphémère : 

« Alice serait abondamment interrogés sur Louis, sur sa personnalité, sur son sens de la communication. Elle ferait de son mieux pour ménager la légende sans verser dans la pure fiction, interprétant les fréquentes somnolences de Louis comme une capacité à s' abstraire de son environnement et ses dodelinements comme des exercices de concentration ».

L’écriture est élaborée, riche en métaphores et grandiloquente, et c’est ce décalage entre la banalité du propos et la richesse du style qui m’a réjouie : 

« Le comptable, grâce à sa lecture propédeutique des guides, connaissait la  rareté des taxis et craignait que les compteurs, s’il y en avait, obéissent à des lois relevant de la fluctuante quantique  plutôt que de la belle prévisibilité newtonienne ».


Que vient faire le manchot empereur dans cette histoire? A vous de le découvrir




Louis était un homme de sieste mais aussi de parole. Il se présenta dans le hall, l'air abasourdi, les joues fripées, mais pile à l'heure convenue

*

Le Nathanaël était mieux équipé que le Titanic, mais Louis n'aimait pas l'idée qu'éviter une collision tienne en dernier ressort à la vigilance d'un seul homme. Certes, tous étaient des marins aguerris, mais il se rappelait avoir, du temps de la boutique de la rue Lavoisier, vider le poivrier dans les rillettes parce qu'il avait rêvassé quelques instants comme il arrive parfois.

*

Elle détestait les dictons. Ils  lui rappelaient que sa mère les avait quittés, elle et son père, sur un obscur "les chats ne font pas des chiens"
 avant de claquer bruyamment et à jamais la porte.

*

Alice est une journaliste d'investigation québécoise résolument indépendante. Elle n'est ni salariée d'un média, ni la moitié d'un couple, et n'envisage pas de devenir un jour le tiers d'une famille, puis le quart, etc. Elle ne veut pas rétrécir.




vendredi 6 octobre 2017

Silo Origines

Hugh Howey







  • Broché: 564 pages
  • Editeur : Actes Sud Editions (7 mai 2014)
  • Collection : Exofictions
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Laure Manceau
  • ISBN-10: 2330032013
  • ISBN-13: 978-2330032012







Les préquels ont ceci d’attractif que l’on s’y plonge avec dès le départ des questions. C’est un peu comme lorsqu’on arrive à un cours ou une conférence en ayant préparé le terrain : curiosité certaine, sensation de familiarité, tout en étant prêt à se laisser surprendre chaque page tournée. Sauf gros ratage de forme, le lecteur est acquis à la cause, pour peu que le roman initial ait réussi à capter l’intérêt (ce qui est un prérequis : qui se lancerait dans une suite inversée après avoir détesté le premier opus?)

Le pari est ainsi  réussi pour Silo origines : les mystères, les silences de Silo sont peu à peu élucidés, sans que la narration prenne une tournure didactique; on est toujours dans un récit d’action et d’aventures. 

Le début est glaçant : rendre le conflit Corée-USA responsable du chaos renvoie à l’actualité bien réelle, tout au moins celle que veulent bien mettre à la une les médias qui nous (dés)informent.
Le procédé initiateur du chaos, tout en étant original, évoque aussi des angoisses latentes face à un potentiel péril invisible.. c’est assez réussi.
 On assiste ainsi à la naissance de cet univers fermé des silos, isolés et cloisonnés de façon tout à fait voulue, et contrôlés d’une façon stalinienne, sans aucune prise en compte de l’individu. Le groupe doit fonctionner, et l’on élimine toute menace infime , tout grain de sable risquant de mettre en péril l’engrenage. Un régime totalitaire.

Il faut attendre un peu pour que le lien avec les personnages de Silo s’établissent. Un suspens de plus. D’ailleurs toutes les questions ne sont pas résolues et ne serait-ce l’obstacle de l’épaisseur et de la densité d’Origines (mise en balance avec les 580 nouveaux romans de la rentrée littéraire…), il se rait tentant de le relire .


C’est en tout cas réussi, et malin, car ce qui pouvait rendre Silo un peu « bourre-toutou », c’est le fait de ne pas comprendre pourquoi on en était arrivé là. Et comme par hasard, il devient tentant de suivre l’évolution des personnages, de savoir si la terre peut-être à nouveau habitable, et si les hommes seront à nouveau victimes de leur sottise (mais pour ça j’ai déjà la réponse).



Avant les enfants étaient notre héritage, pas vrai? C'était l'occasion pour nous de tromper la mort en laissant derrière nous ces petit morceaux de nous-mêmes mais maintenant, on espère que ça puisse être nous, tout simplement.

*

Le monde est cruel. Il l'a toujours été. J'ai passé ma vie à trouver les moyens de le rendre meilleur, de le réparer, à rêver d'un idéal. Mais pour chaque optimiste dans mon genre, il y a dix acharnés prêts à tout détruire. Et il suffit qu'un seul d'entre eux ait de la chance.


vendredi 29 septembre 2017

Les mille et une gaffes de l'ange gardien Ariel Auvinen

Arto Paasilinna








  • Broché: 224 pages
  • Editeur : Denoël (17 avril 2014)
  • Collection : Denoël & d'ailleurs
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Finnois) : Anne Colin du Terrail
  • ISBN-10: 2207115682
  • ISBN-13: 978-2207115688








Quand Arto Paasilina revisite le thème de l’ange gardien, on peut être certain que l’hagiographie ira puiser son inspiration dans la dérision et que l’ange en question sera le saint patron de bévues en tous genres. 

il est typique des personnages de l’auteur , Ariel. Pétri de bonnes intentions, un avis non nuancé sur les décisions à prendre, une interprétation personnelle de la morale, et une réflexion préalable vestigiale quand il s’agit d’agir.

C’est donc sans surprise, et le titre est parfaitement honnête, la guidance angélique va virer à la catastrophe.
Finalement c’est sans doute les victimes de ce purgatoire pavé de bonnes intentions qui sont attractives. Marionnettes que Ariel manipule avec toute la maladresse dont il est capable, empêtré dans ses ailes qu’il ne maitrise pas , et compensant ses erreurs de jugements par d’autres décisions encore plus catastrophiques.

L’intérêt est de laisser penser en filigrane que nos vies et nos destins ne nous appartiennent peut-être pas tant qu’on l’imagine.

C’est aussi une gentille satyre de la société suédoise, pour peu que l’on considère que la poignée de personnages invoqués soient représentatifs.


C’est plaisant, mais sans doute pas le meilleur de l’auteur (La douce Empoisonneuse ne sera pas facilement détrônée dans mon palmarès personnel.)



Leur corbillard gisait là tout près, sur le toit, il avait quitté la route. L'homme s'approcha du fourgon et se gratta la tête. "Il y a un mort là dedans?" Ils le détrompèrent : ils n'étaient pas en route pour le cimetière, mais pour l'hôpital. Il n' y avait ni mort ni cercueil. "C'est tant mieux qu'aucun trépassé n'ait eu à décéder deux fois. Même un mort ne serait pas sorti vivant d'un tel choc

*

Les jours de Noël, de la Saint-Jean, de Premier Mai et de la fête des Mères, on n'enterre personne, et les morts doivent attendre que les vivants aient fini de s'amuser.

*

Les enfants et les philosophes se posent de nombreuses questions, sans jamais pouvoir y répondre. Où commence et finit l'Univers? Qu'y a-t-il après? Combien de temps s'est-il écoulé depuis le début du temps, et combien en reste-t-il? Dieu existe-t-il? Quel est le salaire du pape?





vendredi 22 septembre 2017

Dortoir interdit

Serge Brussolo







  • Broché: 288 pages
  • Editeur : Fleuve noir (12 novembre 2009)
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2265088749
  • ISBN-13: 978-2265088740











Premier opus d’une série dont l’héroïne exerce le curieux métier de réhabilitation des scènes de crime. C’est l’occasion pour elle de croiser des personnages assez fantasques et de se retrouver au coeur d’histoires rocambolesques. 

Ainsi , au cours de cet épisode , sa mission est de refaire le décor d’un bunker où se sont entretués des hommes qui y étaient enfermés pour une simulation de survie souterraine après un accident nucléaire.

Réhabiliter c’est bien, mais comprendre ce qui s’y est passé, c’est assez légitime. Surtout quand le commanditaire de la mission est un curieux personnage, qui reconstitue jour après jour une bataille de la guerre de sécession , avec des soldats tirant à balle réelle (pour plus de motivations des troupes!) et des robots tueurs qui sautent sur tout ce qui bougent. Au delà de la distraction pour original fortuné, ce curieux personnage est persuadé qu’il va mourrir décapité s’il ne parvient à tuer un fantomatique colonel. Et comme sa folie n’a pas de limite, sa famille entière est priée de se conformer à ses lubies  et de respecter les traditions d’époque.

Notre héroïne aura donc fort à faire avant d’envisager une nouvelle déco!


Serge Brussolo réussit encore une fois à parfaitement intégrer des données historiques et sociologiques dans un écrit romancé et original. Ça se lit facilement et avec bonheur. L’héroïne est une jeune femme très sympathique , qui a bien des choses à nous révéler sur son passé.Voilà comment, entre deux romans,  on devient accro à une série….




Des excréments, on tirait du nitre et, avec le nitre, on fabriquait de la poudre. Ainsi, chaque fois que les Confédérés chiaient, ils contribuaient à l'effort de guerre. Quelque part, ça devait les amuser d'expédier leur merde à la face des Yankees

*

Je ne savais que penser d'elle. Au fil des années, j'ai fini par comprendre qu'il ne sert à rien d'analyser, au final, on ne sait jamais grand-chose des gens qui nous entourent.



vendredi 15 septembre 2017

Dans une coque de noix

Ian McEwan










  • Broché: 224 pages
  • Editeur : Gallimard (13 avril 2017)
  • Collection : Du monde entier
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais ) : France Camus-Pichon
  • ISBN-10: 2072696801
  • ISBN-13: 978-2072696800












Déçue. J’avais tellement apprécié Le Divin Enfant de Pascal Bruckner, sorti dans les années 80, que je me réjouissais de tourner les pages en compagnie d’un fœtus qui me confierait ses états d’âme, avec ses immenses connaissances (qu’il perd à la naissance lorsque l’ange efface sa mémoire d’une simple pichenette en dessous du nez) et sa naïveté bien naturelle au vu de son inexpérience.
Et bien ici, il m’a barbé le foetus qui se prend pour Hamlet. Il est présomptueux, bavard, et pas du tout naïf. Et pour ce qui est de sa mémoire, l’ange n’aura pas beaucoup à faire pour effacer ce qui restera de ses souvenirs confits dans les crus millésimés ou pas qu’ingurgite sa mère (il faut dire qu’elle y va gaiement avec un coude bien huilé!)

L’inceste, le projet de meurtre, c’est la trame suivie pour évoquer le drame shakespearien, mais sur le reste, mieux vaut s’en tenir à la version originale.

Le foetus n’est qu’un prétexte pour modifier le point de vue du témoin. Cela aurait pu marcher sauf que les règles ne sont pas respectées. La grandiloquence du discours , même s’il est alimenté par les podcasts que la future mère écoute, ne colle pas avec la situation, et s’’il n’y avait pas régulièrement quelques termes pour nous rappeler que grossesse en cours il y a , on pourrait imaginer que le narrateur est un quidam planqué dans la maison. 



Vite lu, vite oublié sûrement.



Sauf si, sauf si - deux tout petits mots, promesse fantomatique d'un infléchissement du destin, bêlement d'espoir en forme de trochée, ils traversent mes pensées tel un corps flottant dans l'humeur vitreuse d'un oeil.

*

nous avons construit un monde trop compliqué et trop dangereux pour être gouverné pr notre tempérament querelleur. En désespoir de cause, tous les suffrages iront au surnaturel. C'est le crépuscule du deuxième âge de la raison.





samedi 9 septembre 2017

Le dernier paradis

Antonio Garrido








  • Broché: 544 pages
  • Editeur : Grasset (4 mai 2016)
  • Collection : Grand Format
  • Traduction (Espagnol) : Alex et Nelly Lhermillier
  • Langue : Espagnol
  • ISBN-10: 2246859913
  • ISBN-13: 978-2246859918








Immersion dans l’univers grisâtre et anxiogène de la Russie soviétique du début du siècle dernier. Alors que la propagande laissait miroiter une vie de rêve, certains américains anéantis par les conséquences de la faillite économique, ont pu se laisser berner par les promesses d’un avenir meilleur. C’est le cas pour notre héros, Jack. La mort dramatique de son père et une altercation tragique avec son logeur, finissent par le convaincre, de tenter l’aventure, confrontés par les propos de son ami Andrew , qui ne voit pas d’autre alternative.

Fini les Etats-unis et bonjour la désillusion. On découvre la vie quotidienne du peuple russe et des immigrés dont le sort n’est pas plus fameux. L’argent achète ce qui peut  être acheté , c’est à dire peu de choses, si on ne fait pas partie des élites.
Quelques figures féminines croisent le chemin de l’américain, qui a su profiter d’opportunités pour améliorer son quotidien. Et son tempérament de fouineur le met vite sur la piste de complots ourdis contre ses compatriotes. Le danger ne l’arrête pas dans ses investigations. Passions, trahisons, soupçons, sont les ingrédients d’une recette romanesque relevée à la sauce paranoïa.
Certes dans un roman avec un certain suspens, on soupçonne un peu tous les personnages, mais ici, on sent que c’est un mode de vie. 

Hormis quelques longueurs ( et on est dans un univers où il ne fait pas bon trainer), l’ensemble se parcourt  avec plaisir (un peu moins cependant que le magnifique Lecteur de cadavre, mais il faut dire que je suis plus attirée par la médecine légale que par la géopolitique du vingtième siècle).


Mention très honorable donc pour cette fresque historique romancée, dont l’auteur commente en post face les sources, et fait la part de la fiction et des bases réelles, qui ont donné une trame à l’ouvrage.