dimanche 26 février 2012

Le Mal propre

Michel Serres















C’est toujours un challenge de taille que d’entreprendre la critique d’un livre de Michel Serres. La minceur de celui-ci et le thème abordé m’avaient attiré. Cela reste une écriture qui demande un effort pour s’approprier les néologismes et naviguer avec attention parmi les méandres de sa pensée foisonnante

Le mal propre : chaque terme renvoie à différentes significations, et la combinaison des deux crée une multitude d’interprétation de la formule. Et c’est en quelque sorte ce qui attend le lecteur au fil des pages

L’être vivant, qu’il soit humain ou animal, marque son territoire. Il le compisse ou le conchie lorsqu’il marche à 4 pattes, il le pollue quant il détient les richesses, il le souille d’un sang qu’il juge impur lorsqu’il part sur les sentiers de la guerre. 
Toute velléité de propriété s’accompagne d’une salissure, qui éloigne les prétendants au bien (agression sonore de la musique imposée et des moyens de transports, agression visuelle des publicités qui envahissent l’entrée défigurée de nos villes, et marquent de leur sceau tous nos «biens», agression olfactive par la pollution environnante, jusqu’à l’agression du goût à travers une nourriture standardisée issue des marmites de l’agro-alimentaire. L’appropriation est devenue «la guerre de tous contre tous», risquant de provoquer à terme l’anéantissement de la planète, tel un nouveau Déluge engloutissant la surface sous des tonnes de déchets, de résidus, mais aussi de signes de marques , de publicité.

Quelle solution pour inverser la tendance? La location! Agissons en locataires et non en propriétaire. «Face au mal propre, son symétrique est le Bien Commun». Avec pour devise «ceci me suffit». 

Dans la même ligne de logique que le»Contrat naturel» paru vingt ans plutôt, et où l’auteur prônait le respect de l’environnement, avec un but ultime : l’achèvement du processus d’hominisation, qui nous libèrera de nos conduites animales

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire