mercredi 28 mars 2012

Les Radley

Matt Haig
















Les Radley ont tout d’une famille ordinaire de la classe moyenne anglaise : père médecin, mère au foyer, deux adolescents, Rowan et Clara, en proie aux tourments typiques de cet âge d’autant que leur fragilité physique et leur manque d’assurance en font des cibles idéales pour les caïds du lycée. Ils habitent un quartier calme au Sud de Londres. Pas de quoi en faire un roman...sauf si cette banalité apparente cachait un grand secret! Et il est de taille, puisque l’on apprend rapidement que les Radley ont renoncé à leurs instincts les plus vils, ils sont devenus abstinents, et ne consomment donc plus ce que constitue leur addiction personnelle : le sang! Ce sont en effet des vampires. Les enfants ne le savent pas. Jusqu’à ce qu’une agression mette en lumière la vérité et que Clara découvre sa véritable nature. Il s’en suit une chasse à l’homme compliquée par l’arrivée de l’oncle des enfants, un tueur sanguinaire ayant de nombreux conflits d’intérêts avec son frère et sa belle-soeur.

Nous avons donc là un roman très complet : il y en a pour tous les goûts.  C’est une satire sociale (très drôle : tout ce qui peut constituer un  thème classique de dysfonctionnement familial est rapporté au vampirisme ; pour les ados très tentés par l’essai de quelques gouttes de sang, c’est le risque de l’addiction, pour les parents qui ne pratiquent plus, c’est le regret exprimée par monsieur d’un passé beaucoup plus actif, le mal-être des ados est bien sûr une conséquence de leur ignorance du secret familial). On retrouvera également un aspect roman noir, polar et thriller très efficace dans la seconde partie. La mythologie n’est pas oubliée, puisque l’auteur revisite le mythe d’Oedipe, version canines acérées.

Après un départ en douceur, mettant bien en évidence le train de vie routinier et plan-plan de la famille Radley, on assiste à une montée en puissance de l’intensité dramatique, et l’on se retrouve franchement dans une ambiance angoissante et riche en rebondissements, qui vous font dévorer (si l’on peut dire) la fin du récit.

J’ai donc passé un très bon moment de lecture, même si je ne suis pas fan de  bit-lit (par ignorance : ce roman peut être le point de départ d’une exploration de ce domaine), et ceci en raison de la bonne dose d’humour distillée tout au long de ce roman bien construit

Lu dans le cadre de la sélection pour le Prix des lecteurs Livre de Poche 2012


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