mercredi 30 mai 2012

Dans la ville d'or et d'argent

Kenizé Mourad








Parution : avril 2012
Editeur d'origine  : Robert Laffont
Livre de poche
493 pages
7.60 euros











Kenize Mourad aborde ici ce que l'on considère comme les prémisses du mouvement de libération des Indes, qui aboutira à l'indépendance en 1956, au terme de dizaines d'années de lutte et de combat. Nous sommes en 1856, cela fait presqu'un siècle que l'Angleterre exploite et contrôle le pays, contraignant un nombre de plus en plus grand d'états à la soumission, pour pouvoir en toute légalité auto-proclamée, faire main basse sur les richesses que recèlent les Indes : soieries, pierres précieuses, épices, fort appréciées par les sujets de la reine Victoria. Le postulat de base étant l'infériorité des habitants indigènes, il.est alors facile de se justifier des nombreux méfaits commis au nom de la couronne. Mais il existe également en ces contrées lointaines un état où, à défaut d'être gaulois, les habitants sont irréductibles, et où la tentative d'annexion va mettre le feu aux poudres, au sens propre. Les cipayes, soldats indiens de l'armée anglaise vont se retourner contre leurs supérieurs et se battre désespérément pour obtenir justice. Le roi d'Awadh est  prisonnier loin de sa cour de Lucknow : c'est l'une de ses femmes qui va relever le défi de mener la lutte contre l'occupant, régente de son jeune fils âgé de 11 ans. Lourde tâche : les soldats s'ils sont très motivés sont mal équipés face à l'armement des ennemis, et il est bien entendu à l'époque,  difficile de faire entendre ses raisons quand on est femme. 
Cela n'effraie pas Hazrat Mahal et sa volonté viendra à bout des préjugés et critiques de son entourage.
Cet épisode de l'histoire indienne est très intéressante, tant sur le plan historique que sociologique, car les comportements universellement observés dans tous les contextes de colonisation sont ici bien relatés. L'on comprend aussi l'incompréhension mutuelle de ces deux civilisations extrêmement différentes. Et lors des faits d'armes la cruauté est amplifiée par l'incommunicabilité 
Fort bien documentée, l'auteur de De la part de la princesse morte et du Jardin de Baldapour  signe là à nouveau un bon roman historique. 
J'ai eu un peu plus de mal avec l'écriture, car les dialogues , destinés à raconter de façon un peu plus vivante qu'un simple récit cet épisode martial, ont un rendu artificiel, et perdent en réalisme. A noter que Catherine Clément vient de consacrer un roman à la rani de Jhansi, la Reine des cipayes qui rapporte la vie extraordinaire de cette amazone qui prit la tête de son armée dans ce même soulèvement.


       

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