lundi 2 septembre 2013

Le divan de Staline

Jean-Daniel Baltassat











  • Broché: 310 pages
  • Editeur : Seuil (22 août 2013)
  • Collection : CADRE ROUGE
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2021116700
  • ISBN-13: 978-2021116700
  • Existe en ebook











Staline à la fin de sa vie, Lidia sa fidèle maitresse et Danilov, un artiste talentueux chargé d’ériger un monument à la gloire du petit père des Peuples, un trio dont les échanges constituent la trame de ce roman construit selon les règles du théâtre classique : unité d’action, de lieu et de temps. 

La ténuité du propos contraste avec la richesse de la narration : sur à peine 300 pages, sont conviés maints personnages et pas des moindres, Lénine, Trotsky, Freud le Charlatan viennois (dixit), Chou en-lai et Mao..., jaugés à l’aune d’un Staline arrivé à l’heure des bilans.

Ce huis clos installé dans le palais de l’un des descendants de Nicolas 1er restitue l’ambiance de suspicion et de crainte qui a marqué la période funeste des purges entre 1936 et 1950 (20 millions de morts...). Les interrogatoires de la garde rapprochée de Staline, en sont une illustration à peine caricaturale. Chaque mot, chaque construction de phrase sont de potentiels pièges qui enferment la proie désignée dans un piège infernal.

Et ce divan? Le même que celui qu’utilisait Freud à Londres pour «allonger ses pigeons». Habile stratagème pour un doublé : fustiger le Viennois, tout en testant la méthode : souvenirs et cauchemars sont ainsi livrés en pâture au lecteur, lourds de révaltions sur l’histoire et sur le personnage

L’écriture contribue à la magie qui se dégage de l’oeuvre : riche et élégante, mais sans emphase, elle confère une couleur chaude à ce récit : bel emballage pour un cadeau délicat

Avertissement : il vaut mieux s’informer sur le décryptage des noms, patronymes et surnoms russes pour éviter de se noyer dans le défilé des personnages. Cela dit, on n’est pas dans Guerre et Paix...


Merci aux éditions Seuil  et à Babelio pour ce partenariat très apprécié













"- On a tous une mauvaise mémoire, ma Lidiouchka. Et moi, je sais que je peux compter sur la tienne.
- le camarade Staline a banni certains souvenirs et certains noms des esprits soviétiques sincères.
- tu vois que tu t'en souviens. Ne fais pas l'enfant. Tu ne risqués rien puisque c'est moi qui le demande."


"Les souvenirs d'amour, c'est comme les mouchoirs sales, on les lave ou on les garde dans sa poche"

"Le 9 mars, le cœur du Père de la Révolution cesse de battre. Dix secondes d'immobilité , puis la mécanique systole-diastole recommence. Bancale mais suffisante pour pousser Vladimir Ilitch vers le nimbe doré des morts vivants"

"De ses deux doigts serrés sur la cigarette, il tapote l'image, parie que sa Lidiouchka ne devinera pas d'où vient cette photo. Non bien sûr, elle ne peut pas deviner.
Le Grand Charlatan viennois, glousse-t-il. Le divan de sa maison de Londres où ses pigeons s'allongeaient pour débiter leurs rêves et leurs foutaises névrotiques de bourgeois repus"





Ce qu'en pense Luocine


http://luocine.over-blog.com/le-divan-de-staline-jean-daniel-baltassat




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