dimanche 15 décembre 2013

Maître de la matière

Andreas Eschbach










  • Broché: 640 pages
  • Editeur : ATALANTE (L') (19 septembre 2013)
  • Collection : La Dentelle du Cygne
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2841726479
  • ISBN-13: 978-2841726479









Cela commence doucement. Le lecteur fait connaissance avec Hiroshi et Charlotte, deux enfants au destin liés, et unis par leur différence. Hiroshi vit dans un monde de rêve où le travail serait inutile et les richesses partagées. Charlotte se construit au gré des pérégrinations de son ambassadeur de père. L’obstination de l’un ("ce petit garçon singulier que rien n'intimidait et qui ne lâchait prise que lorsqu'il s'était fixé un but") et le don de l’autre pour visiter l’histoire passée des objets qu’elle touche seront à l’origine d’une extraordinaire aventure.
Les années passent : Hiroshi rejoint le MIT, toujours marginal, et toujours aussi déterminé. Charlotte se fourvoie dans un parcours trop conventionnel de paléoanthropologie. on se croirait dans un roman américain…Eschbach aurait-il abandonné la SF? Mais non, crescendo, les événements se bousculent. et L’on est peu à peu transporté dans un récit de fiction scientifique, suffisamment complexe pour que l’on puisse y adhérer (la lectrice que je suis attribue les incongruités à ses propres limites de compréhension) et suffisamment fou pour devenir poétique.

Autant la première partie qui permet de faire connaissance avec les personnages et de s’y attacher est lente, sans être ennuyeuse, autant les choses s’accédèrent pour finir en un bouquet final magistral. A l’image de la sensation individuelle de l’accélération du temps au fur et à mesure que l’on vieillit. Ou de l’évolution de l’humanité depuis l’apparition de l’homme.

Autant de prétextes pour aborder les thèmes de l’écologie, du réchauffement climatique, des conséquences éthiques du progrès technologique, mais aussi de pointer la nature guerrière de l’homme, incapable d’affronter ses peurs autrement qu’en détruisant ce qu’il ne comprend pas

Embarquement réussi pour ce nouveau roman d’Andréas Eschbach, à la hauteur de « Des milliards de tapis de cheveux » ou « Jesus vidéo ».
Il y a la matière à réaliser une adaptation cinéma avec effets spéciaux ad hoc.

Merci à Babélio et aux éditions L’atalante pour cet excellent moment de lecture





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