samedi 25 janvier 2014

Le chardonneret

Donna Tartt










  • Broché: 795 pages
  • Editeur : Plon (9 janvier 2014)
  • Collection : Feux croisés
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2259221866
  • ISBN-13: 978-2259221863
Existe en ebook






Je suis très reconnaissante envers François Busnel pour la découverte de Donna Tartt lors de son passage à la Grande Librairie. Certes il aurait été difficile de passer à côté dans les semaines suivantes, car elle trône sur tous les étals de libraire, mais sa prestation a été suffisamment convaincante pour me convaincre de réparer mon ignorance, n’ayant jamais entendu parler du Maître des illusions (un séjour sur une autre planète il y a 10 ans?)

Lire le Chardonneret est un morceau de bravoure (même si c’est une très belle expérience : c’est un gros pavé, à l’écriture dense, plus far breton que barbe-à-papa comme nourriture spirituelle). Le critiquer est une autre paire de manche. Le livre clos, on reste un peu abasourdi, et le silence après Donna Tartt est encore du Donna Tartt, un délai est nécessaire avant de se plonger dans un autre univers romanesque.

Theo Decker le narrateur, a treize ans lorsque débutent ses confidences. Il vit seul avec sa mère, depuis que le père les a laissés tomber. Pas très bien intégré au collège, de nature inquiète, cette période est pourtant celle de sa vie qu’il idéalisera comme un âge d’or, après qu’une explosion tue sa mère dans le musée qu’il visitait avec elle. C’est le big bang de cette histoire : le deuil irréparable s’associe à une rencontre , celle d’un vieil homme en train de mourir, qui lui remet une bague en lui donnant une adresse. Et, point d’ancrage fort, tant pour le lecteur que pour le jeune garçon, Theo sort du musé, sain et sauf, dans une ambiance de fin du monde, avec un tableau d’une valeur inestimable sous le bras : le chardonneret de Fabritius.

C’est le début d’un road movie, fait d’errance et de choix hasardeux, en compagnie de Boris, un autre paumé de la vie. Le refuge dans des paradis artificiels délétères est inéluctable, avec suffisamment de maitrise pour donner le change socialement, tout en créant une dépendance irréversible. 

Les thèmes abordés sont multiples, stress post-traumatique, amitié, amour, deuil, dépendance,, impermanence, qui constituent autant de jalons sur ce parcours initiatique. La construction du jeune homme est chaotique, la chute est imminente tout au long de ce chemin sur les berges d’un précipice, mais le chemin se fait.

L’ensemble se déroule dans un ambiance artistique, (outre le Chardonneret et son histoire propre, beaucoup de références à la peinture, mais aussi à la poésie). La restauration des meubles anciens, très bien documentée (l’auteur a t-elle fait un stage intensif?) est très intéressante.


C’est un roman fort, dense, inoubliable, pas loin de mériter une place dans la valise pour l’île déserte; Le maître des Illusions, lui, est dans la pile.


Donna Tartt: "I've tried to write faster and I... par cbsnews
"J'avais été nourri par cette grande joie cachée et sauvage : la conviction que ma vie entière tenait en équilibre sur un secret qui pouvait la faire exploser à n'importe quel moment"


"Tu veux mon expérience? Tiens toi à l'écart de celles que tu aimes trop. Ce qu'il te faut pour vivre heureux dans le monde, c'est une femme qui a sa propre vie et te laisse vivre la tienne."

"Si un tableau se fraie vraiment un chemin jusqu'à ton cœur et change ta façon de voir, de penser et de ressentir, tu ne te dis pas « oh, j'adore cette œuvre parce qu'elle est universelle », « J'adore cette œuvre parce qu'elle parle à toute l'humanité ». Ce n'est pas la raison qui fait aimer une œuvre d'art. C'est plutôt un chuchotement secret provenant des ruelles. Psst, toi, hé gamin, oui, toi. Un bout de doigt qui glisse sur la photo fanée."

"Et tout comme la musique est l'espace entre les notes, tout comme les étoiles resplendissent à cause du noir qui les sépare, tout comme le soleil frappe les gouttes d'eau à un certain angle et envoie un prisme coloré traverser le ciel – l'espace où j'existe, et où je veux continuer d'exister : pour être très honnête, c'est aussi là que j'espère mourir - est exactement cette distance intermédiaire,  là où le désespoir a heurté la pure altérité et créé quelque chose de sublime"

2 commentaires:

  1. Bonjour
    Ayant découvert et adoré ce livre je n'arrive plus à retrouver une ou deux allusions à des morceaux de musique (genre musique indienne ou pop ou ???? je ne sais pas la définir) pour retrouver sur internet!
    Pouvez-vous m'aider svp merci?
    Cordialement*
    Alain Lignon

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  2. Bonjour
    En recherchant par mots clés (un avantage du numérique), j'ai trouvé des références à Arvo Part, Thelenions Monk et Velvet underground. Il est fait allusion aussi à une musique asiatique mais sans citer de nom.
    J'espère avoir pu vous aider
    Amicalement

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