samedi 11 janvier 2014

Le quatrième mur

Sorj Chalandon







  • Broché: 336 pages
  • Editeur : Grasset (21 août 2013)
  • Collection : Littérature Française
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2246808715
  • ISBN-13: 978-2246808718
  • Existe en ebook












Sacré coup de poing que ce choix des lycéens 2013 pour le prix Goncourt! 

Pour tenir une promesse faite à son ami Sam, qui vit ses derniers jours, Georges prend l’avion pour le Liban avec ce projet fou de mettre en scène Antigone à Beyrouth au milieu du champ de bataille qu’est cette ville, et avec une troupe hétéroclite rassemblant des acteurs qui hors de la scène se tireraient dessus…

Ce destin était écrit pour Georges, militant dans l’âme, prêt à en découdre contre les fascistes de tout acabit. L’arrivée de Sam, juif chassé de Grèce dans les années 70 au temps de la dictature des colonels, étaye et canalise sa soif d’agir. Son mariage et la naissance de sa petite fille aurait même pu éteindre cette flamme combattive qui l’anime. Mais Sam va mourir, et confie à Georges la lourde tâche de mener à bien sa propre utopie.

Beyrouth agonise sous les bombardements. Les massacres répondent aux massacres, aveugles, odieux. La canonnade incessante rend les instants de silence insoutenables. Chaque au-revoir est un potentiel adieu. Et Georges donne son corps et son âme au sein de ce combat qui n’aurait pas dû être le sien. Au risque d’atteindre le point de non-retour…

Sorj Chalandon connaît la question et embarque le lecteur au coeur de ce conflit complexe où se croisent et se déchirent Druzes, chiites, sunnites, chrétiens et palestiniens. La haine mène la danse. Les scènes sont dures, et l’on n’a pas ici la bulle isolante de la fiction pour épargner la sensibilité : on n’est pas dans un polar! 

Malgré cela, l’auteur parvient à nous faire sourire! Pas à toutes les pages, certes, mais sa plume acérée lance des coups de griffe bien inspirés lorsque l’absurdité tient lieu de rituel.

L’écriture est superbe et c’est ce qui rend ce roman attrayant malgré l’agression que l’on subit. 

Et puis Antigone est là, en filigrane, magnifiée par l’enjeu qu’elle représente, et ça, c’est inestimable.



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