mercredi 5 février 2014

Thérèse Raquin

Emile Zola










Langue: Français
Publié en: 1867
Nombre de mots: 69 939 mots (≈ environ 5 heures)
Droits: Domaine Public









Le crime ne paie pas . C’est ce que vont comprendre nos deux amants maudits, Thérèse et Laurent. 
Tout avait mal commencé pour Thérèse : confiée à sa tante par son père, elle est élevée en compagnie de son frêle cousin, dix fois sauvé de la mort par sa mère, qui entend bien marier ces deux-la et y parvient. Mais l’irruption de Laurent, parasite et benêt notoire,  dans la vie réglée de la famille Raquin, sème le trouble. Thérèse aspire a plus de passion que ne peut lui en proposer son chétif époux. Laurent et Thérèse fautent. Mais cela devient bien vite insuffisant : une seule issue, se débarrasser de l’avorton. Une sortie en barque leur en donne l’occasion, Camille bascule dans l’eau, non sans s’être débattu, mordant profondément son meurtrier au cou . Les amants vont-ils enfin atteindre la félicité? Que nenni! Cauchemars et hallucinations hantent leurs nuits. Il leur semble que le mariage pourraient les délivrer de leurs angoisses. Il faut attendre la fin du veuvage et présenter prudemment l’affaire, sans éveiller les soupçons. La naïveté et la bêtise de leur entourage leur vient en aide. Plutôt que de les apaiser, leurs angoisses unies décuplent et fait de leur vie un enfer. 

Zola analyse et interprète les processus psycho-pathologiques qui conduisent les personnages au passage à l’acte, dans la tradition du roman naturaliste. Certes les théories sont hasardeuses et les descriptions cliniques très subjectives, mais l’ensemble garde une certaine logique et correspond aux connaissances de l’époque; il me semble pourtant que Zola a fait beaucoup mieux lorsqu’il décrit dans  l’ Assommoir un épisode  de delirium tremens. 

Il s’en dégage une impression de destinée funeste, à laquelle aucun des personnages ne peut échapper :  chaque tentative accentue la descente aux enfers. Il semble que pour Thérèse en particulier, tout était écrit d’avance. Quant à Laurent, incapable d’anticiper les conséquences de ses actes, il se laisse guider par ses instincts les plus vils. Zola dans sa préface, rendue nécessaire par l’accueil défavorable de la critique, avoue chercher en ses personnages la bête. Il les jette dans un drame et se veut explorateur scientifique de leurs réactions, conformément à leur nature « sanguine » pour Laurent et « nerveuse » pour Thérèse. Il se lance dans une « étude du tempérament et des modifications profondes de l’organisme sous l’influence des milieux et des circonstances ». 


Le thriller psychologique est-il l’héritier du roman naturaliste? 















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