dimanche 14 septembre 2014

Les femmes si belles

Herbjørg Wassmo







  • Poche: 282 pages
  • Editeur : 10 X 18 (20 novembre 2003)
  • Collection : Domaine étranger
  • Langue : Français
  • Traduction : Luce Hinsch
  • ISBN-10: 2264034572
  • ISBN-13: 978-2264034571









La dernière page tournée, quand on a passé de nombreuses heures avec les personnages d’une dense saga, au point de créer des alliances ou des inimitiés avec ceux dont on a reçu les secrets, dont on a perçu les angoisses et la douleur, ou que l ‘on a haï pour leur lâcheté ou leur violence, témoins passifs mais impliqués , l’heure est au bilan et aux questions.

Le découpage en livres nuit à la continuité et peut expliquer que parfois l’histoire est donné l’impression de s’enliser, passage obligatoire pour que la cohérence persiste. Et l’on comprend la nécessité de ne pas décourager le lecteur potentiel  devant un tel pavé s’il était unique.

Autour de cette femme exceptionnelle, dont les premières années sont déjà marquées du sceau de la violence, et qui établit un véritable royaume qu’elle gère avec perspicacité et un sens de la justice qui lui est personnel. La passion qui l’anime conduit ses actes, au risque d’y perdre son âme. C’est l’une de ces héroïnes à qui l’on pardonne tout, même l’impardonnable.

Autour d’elle, gravitent les membres de sa tribu. Les hommes sont sous sa coupe, séduits le plus souvent, inconstants et peu maîtres de leur choix. Le féminisme avant qu’il ait été inventé.

L’évolution du monde est palpable avec le temps qui passe sur le pays. Ce n’est pas ce qui peut arrêter Dinah, toujours visionnaire quand il s’agit de construire des projets. Les moeurs commencent à évoluer, et les filles peuvent espérer accéder à l’instruction. La mutation de la société s’annonce.

Quant à Karna, fragile enfant née elle aussi dans la violence, elle illumine les deux derniers livres, par son regard particulier sur le monde, sa faiblesse et sa sensibilité. Un beau personnage, à la fois fort et vulnérable 

Ce qui a commencé dans la violence doit se finir ainsi c’est une fin houleuse que nous propose l’auteur.

Les questions se posent une fois la dernière page achevée. Fin d’un règne, d’une dynastie. Les destins des descendants se noieront-ils dans l’anonymat d’une société moderne, ou le flambeau pourra -t - il être repris?


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