vendredi 31 juillet 2015

Karoo

Steve Tesich







  • Broché: 608 pages
  • Existe en version numérique
  • Editeur : MONSIEUR TOUSSAINT LOUVERTURE EDITIONS; Édition : 1re (23 février 2012)
  • Langue : Français
Traduction (Anglais) : Anne Wicke

  • ISBN-10: 2953366490
  • ISBN-13: 978-2953366495






Il en est de la littérature comme de la conversation : certains sont plus doués que d'autres. On connaît ces champions des soirées entre amis qui accaparent l'attention quelque soit ce qu'ils vous racontent. Un talent de conteur. L'écriture peut donner lieu à ce phénomène : un don subtil pour captiver le lecteur. Steve Tesich est un magicien du genre. Plus de 600 pages pour un récit à la première personne pour une histoire qui pourrait tenir dans les quelques pages d'une nouvelle. Oui mais voilà, le narrateur donne rapidement l'impression de faire partie de la famille. Pas de forfanterie, ni de complaisance. Au contraire, Saul Karoo est suffisamment lucide pour dresser de lui-même un portrait au vitriol, qui le rend attendrissant. Il cultive l'autodérision à l'extrême. Quant aux portraits des relations de Karoo, ils sont dressés avec un sens aigu de l'observation, sans aucune méchanceté. 

Le décor est essentiellement new-yorkais avec quelques incursions sur le reste du territoire américain, et les personnages évoluent dans le milieu du cinéma.

Karoo, persuadé de n'avoir aucun don de création réussit à merveille dans la correction de scénarios. Il est en train de divorcer et éprouve des difficultés pour prouver à son fils adoptif qu'il l'aime. 
Si l'on ajoute à cela les soucis d'un corps malmené après quelques décennies d'excès en tout genre, la vie n'est pas une sinécure, le comble étant une soudaine insensibilité aux effets de l'alcool, qui lui interdit ce refuge de paradis artificiel. Jusqu'à ce qu'un film à édulcorer vienne bouleverser le destin de moultes personnes.

Cette intrigue cornélienne prend son temps. Elle se met en place peu à peu, on a le temps de voir arriver les drames qui se dessinent, tout en savourant le portrait doux-amer, avec quelques pointes d'une acidité grinçante 

Finalement si l'on compare au dernier livre de James Salter, le thème et les personnages ne sont pas si différents et pourtant la lecture est infiniment plus séduisante ( à mon humble avis), que dans Et rien d'autre, qui n'avait pas réussi à me convaincre.

Un roman qui justifie le battage médiatique qu'avait occasionné sa sortie en France.



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