lundi 17 août 2015

Spinoza avait raison : Joie et tristesse, le cerveau des émotions

Antonio R. Damasio






  • Poche: 370 pages
  • Existe en version numérique
  • Editeur : Editions Odile Jacob (3 février 2005)
  • Collection : POCH ODIL JACOB
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2738115845
  • ISBN-13: 978-2738115843




Antonio Damasio est un excellent pédagogue : aussi la lecture d'un ouvrage qui traite a la fois de Spinoza et de la conception scientifique de la notion de sentiments ne doit pas effrayer le lecteur potentiel. Cela nécessite un peu plus de concentration qu'un polar de série B, certes, mais c'est tout à fait abordable.

L'auteur définit d'abord la notion de sentiment : résultats d'un encartage cérébral, c'est à dire de circuits organisés de l'information (un peu comme un dessin que l'on trace dans une terre sèche avec un morceau de bois et qui devient de plus en plus creux et marqué à force de repasser au même endroit), les sentiments sont un produit des émotions : “ils sont bel et bien là, ces sentiments liés à une foule d'émotions et d'états connexes ; ils sont la musique qui habite sans cesse notre esprit”.

Leur tonalité, positive ou négative influence directement notre façon d'être au monde et le sentiments positifs sont favorables à notre épanouissement physique ou moral. Ce qui fut une intuition pour nombre de géants sur les épaules desquelles nous nous hissons pour voir plus loin, est confirmé par les sciences de la vie, dans leur développement récent. Et Spinoza fut l'un de ces géants : c'est la justification du livre de Damasio. Les sentiments positifs soutiennent le "conatus", cet élan vital qui caractérise tout être vivant, des plantes à l'homme en passant par les animaux. On n'est pas loin de la notion de volonté de puissance de Nietzsche (même si les notions différent sur leurs origines, et que les interprétations qui en ont été faites n'aident pas à y voir clair).

Sur un plan didactique, l'auteur sépare clairement les chapitres consacrés à la neurobiologie de ceux qui reviennent sur le parcours de Spinoza, qu'il retrace de façon vivante, rapportant ses notes de voyage sur les lieux même où le célèbre opticien vécut . Pour aboutir à une synthèse humaniste et positive.

Cette approche à la fois philosophique et scientifique met en évidence tout le bénéfice qui peut résulter de la mise en commun des savoirs, et qui émerge actuellement, alors qu'il est clair que le cantonnement des disciplines dans leur domaine hyperspécialisé ne peut aboutir qu'à une impasse. 

C'était l'intermède sérieux de l'été. 





Ce n’est pas une coïncidence si le mot « question » apparaît plus d’une dizaine de fois dans Hamlet ou si la pièce commence par une interrogation bien particulière : « Qui est là ? » Spinoza est né à l’âge du questionnement, une époque qu’on pourrait aussi bien appeler l’âge d'Hamlet

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l’intuition ne survient que lorsque nous avons accumulé des connaissances et utilisé notre raison pour les analyser

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La nature n'a pas de plan pour l'épanouissement humain, mais l'homme a le droit d'en concevoir un.

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Il était bel et bien content. Sa frugalité n’était pas un stratagème. Il ne se posait pas en exemple de sacrifice pour la postérité. Sa vie et sa philosophie en étaient bel et bien venues à fusionner au bel âge de 35 ans

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la conception de la nature humaine qui émerge sous l’influence de la biologie moderne recoupe partiellement la conception spinoziste

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