mercredi 23 décembre 2015

Sirius le chien qui fit trembler le troisième Reich

Jonathan Crown







  • Relié: 287 pages
  • Editeur : Presses de la cité
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Allemand) : Corinna Gepner
Sortie le 21 janvier 2016











Pour faire passer un remède âcre, une pilule infecte, il faut la planquer dans quelque chose de doux, quelque chose qui fera oublier l’amertume. En littérature le procédé peut constituer à faire du héros un petit chemin (ou bien un ours, un chat….). Et que ce petit chemin soit le témoin ou infléchit le cours d’événements qui ont secoué l’humanité et modifier les équilibres politiques de ce monde.
Sirius est l’un de ces subterfuges. Un fox terrier, baptisé Lévi, puis rebaptisé pour lui éviter des ennuis : eh oui un chien sémite pourrait être mis au ban de la société et éliminé en ces temps obscurs de chasse aux sorcières. Dans la constellation du Grand Chien, une étoile se nomme Sirius, le parrainage salvateur attribue ce pseudo à notre toutou. 
La famille humaine de Sirius est contrainte de quitter l’Allemagne et rejoint les États-Unis. L’atterrissage est rude : de chercheur spécialiste du plancton, le professeur Liliencron (lui aussi rebaptisé en Carl Crown, plus facile à prononcer pour des américains) devient portier dans ce microcosme qu’est Hollywood, et c’est l’occasion pour Sirius de faire face à son destin : il devient une vedette du grand écran.
Bien entendu, le destin n’en fait qu’à sa tête et pour réaliser la prophétie annoncée par le titre, il faudra bien que Sirius retourne en Allemagne….L ‘aventure le guette au bout du chemin.

C’est ce subterfuge qui permet à l’auteur de revisiter la seconde guerre mondiale et ses moments les plus sombres. C’est une galerie impressionnante de personnages qui hante ces pages : de Billy Wilder à Cary Grant, en passant par Rita Hayworth, sans oublier dans un tout autre registre le nabot à moustache, végétarien et flatulant, Hitler.

L’on perçoit derrière la farce une connaissance solide des faits historiques, et l’introduction du chien est assez adroite. Le déroulement des événements qui propulsent le  cabot au devant de la scène est un peu rocambolesque, peu importe, on s’en fiche , il suffit de se laisser porter par l’histoire et vogue la galère.
L’humour est présent à toutes les pages et la moindre faiblesse humaine est brocardée, qu’elle résulte d’une obéissance aveugle à une doctrine mortifère ou d’une idolâtrie du paraître à la merci d’une saute d’humeur du roitelet du moment.

C’est assez court et la lecture est agréable, la traduction se fait oublier.
Sirius ne restera pas dans les annales des romans pour île déserte, mais permet de passer un bon moment, et c’est déjà très honorable.

A noter qu’il s’agit d’un premier roman, écrit à 62 ans : la valeur peut aussi attendre le nombre des années.  

Un grand merci à Babelio et aux éditions Presses de la cité pour leur confiance



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