mercredi 27 janvier 2016

Mes alliances Histoires d'amour et de mariages

Elizabeth Gilbert













  • Poche: 384 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (28 mars 2012)
  • Collection : Littérature & Documents
  • Langue : Français
  • Traduction (anglais) : Christine Barbaste
  • ISBN-10: 2253162175
  • ISBN-13: 978-225316217



  • Il y a quelque chose de balzacien dans ce traité autobiographique sur le mariage. Autres temps, autres moeurs, Elizabeth Gilbert titre Mes alliances avec le jeu homophonique qui pointe d’emblée ses réticences vis à vis de cette institution qu’est l’union de deux êtres officialisée et gravée sur le papier à défaut de l’être dans le marbre. Pour le meilleur ou pour le pire?

C’est en 1829 que Balzac fit paraître son analyse détaillée du mariage et de ses implications dans la pathologie sociale, un peu à la manière d’un traité médical qui analyse une fonction de la physiologie à la pathologie.

Elizabeth Gilbert propose ici plutôt une analyse sociologique et historique, avec pour point de départ sa propre expérience, très négative, qui avait abouti à un divorce douloureux au point de devoir employer les grands moyens pour se reconstruire, c’est à dire partir. C’est cette expérience qui a donné naissance au Best-seller Mange, Prie, aime, qui relatait cette fuite à la recherche de son moi, physique, spirituel et émotionnel (quête reprise de façon débile au cinéma, par un réalisateur qui n’a rien compris et une actrice au dessous de tout).

Quand on a apprécié cette aventure oui nous avait emmenés en Italie, en Inde puis à Bali, c’est très tentant de connaître la suite et les effets à long terme d’une telle entreprise. Et pour le côté midinette, savoir où en sont les amours de l’auteur avec le brésilien…

Vite rassurés, on apprend que tout va bien : ou plutôt que tout aurait pu continuer sans nuages dans un ciel serein, si Felipe n’avait pas été brésilien et que le gouvernement des états-unis n’avait pas décidé de renforcer les contrôles aux frontières : c’est comme un malfaiteur qu’il est arrêté, et expulsé lors d’un contrôle à l’aéroport.
Une seule  solution pour pouvoir être à nouveau accepté sur le sol américain, être mariéavec une américaine. Solution simple dans le principe mais qui se heurte à deux écueils : 

  •   la grande réticence de l’auteur qui en veut plus s’engager de cette façon, après le cuisant échec de son premier mariage
  • les méandres administratives nécessaires pour que Felipe ait l’autorisation de se marier avec une américaine


L’avantage de se trouver exilés en attendant le bon vouloir des autorités est que l’on peut réfléchir, se documenter, interroger. C’est aussi une épreuve pour tester la solidité des liens du couple. C’est l’objet du livre. Et c’est une excellente analyse sociologique de la condition maritale et de son évolution au cours du vingtième siècle.

L’écriture d’Elizabeth Gilbert est agréable, le style est séduisant et la traduction irréprochable, ce qui fait de ce récit un très agréable moment de lecture, que nous propose l’auteur, avec authenticité et humilité.




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