vendredi 19 février 2016

Le braconnier du lac perdu

Peter May








  • Poche: 361 pages
  • Editeur : Actes Sud (8 janvier 2014)
  • Collection : Babel noir
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Jean-René Dastugue
  • ISBN-10: 2330026951
  • ISBN-13: 978-2330026950









Ce cher Fin Macleod en finira-t-il avec les démons qui le hantent? Dans ce troisième volet de la trilogie écossaise, on le retrouve sur les terres de son enfance, bien décidé à s’y établir. On lui propose un poste de chef de la sécurité, qui consiste à traquer les braconniers. C’est ainsi qu’il retrouve Whistler, son ami de jeunesse. Le plus brillant des petits gars de Lewis est devenu un clochard, solitaire, isolé de sa fille, et …braconnier. La tâche est certes délicate pour Fin, lié à tout jamais à ce drôle de zèbre qui lui a déjà sauvé deux fois la vie. Mais ce n’est pas le problème. Il se produit de temps à autre aux Nouvelles-Hébrides un phénomène étrange : l’assèchement brutal d’un lac, sous l’effet d’une poussée de tourbière. Les deux amis y assistent avec un étonnement pas seulement lié à la rareté du phénomène et à son caractère quasi-magique : au fond du lac, un avion git. Et son contenu macabre les laisse sans voix. 
Avec cette découverte ressurgit tout un pan du passé de Fin, alors qu’il était le chauffeur du groupe  de rock celtique Amran, dont Whistler faisait partie. L’un des musiciens avait disparu sans  laisser de trace au cours d’une sortie en avion…

Avec cette enquête complexe, que Fin va piloter en sous-marin, avec la complicité du dévoué inspecteur Gunn, toutes les pièces du puzzle se mettent en place, pour comprendre les difficultés personnelles actuelles de l’ex-inspecteur. 

La structure narrative est parfois un peu confuse, et l’on peut se perdre dans une chronologie fantaisiste, alors que les personnages, hormis quelques kilos en plus et quelques cheveux en moins restent fidèles à leur image.

Les femmes occupent ici encore une place centrale : Marsaili, bien sûr, avec une relation plutôt apaisée avec Fin, mais aussi Mairead, la chanteuse sulfureuse envoutante du groupe. S’y ajoutent la toute jeune fille de Whistler, une ado rebelle digne fille de son père. Quant à Catriona, l’épouse du pasteur,  elle menace de quitter son Donald, en passe de subir une disgrâce en raison de son rôle dans le meurtre du truand qui menaçait la famille de fin dans L’homme de Lewis.
Par contre, on n’aura pas eu l’opportunité de rencontrer Mme Gunn, qui a une existence très similaire à celle du célèbre inspecteur Colombo et Fin n’a toujours pas dégusté son saumon sauvage …

Inutile de préciser enfin que le décor est toujours aussi magnifiquement dépeint, et que l’on sent dans ces descriptions tout l’amour que l’auteur voue à ces terres hostiles et somptueuses.

C’est avec un peu de regret que l’on tourne la dernière page, puisque l’histoire est terminée, et que l’on n’aura plus l’occasion de croiser cet attachant « flic à la ramasse » qui semble avoir coupé le lien maudit des casseroles qui lui collaient au train.


Très belle réussite.



Il n’y a rien de plus fort que de se retrouver responsable d’une autre vie. Tu commences à faire attention à la tienne.

*

La foudre s'abattit si près de Fin qu'il se baissa instinctivement et se laissa tomber à genoux, l'image de la vallée devant lui imprimée sur la rétine. Un pays étrange et brutal couvert par les résidus des explosions glaciaires vieilles de plusieurs millions d'années. Pendant un moment, il n'entendit plus rien et ses narines s'emplirent de l'ozone qui se diffuse dans l'air après les décharges électriques orageuses.

*

L’éclat jaune des potentilles sauvages qui poussaient parmi les fougères agrémentait d’une touche dorée le paysage où même la bruyère avait perdu ses couleurs. Les minuscules pétales se balançaient dans la brise qui forcissait, venue de l’océan, chargée de l’odeur de la mer et du parfum encore léger de l’hiver.




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