vendredi 25 mars 2016

Le secret du mari

Liane Moriarty






  • Broché: 400 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL (1 avril 2015)
  • Collection : LITT.GENERALE
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Béatrice Taupeau
  • ISBN-10: 2226317074
  • ISBN-13: 978-2226317070










Ça commence comme une bluette, limite chick lit (un mariage à la dérive pour cause d'adultère, une mère en deuil de sa fille disparue brutalement dix sept ans plus tôt ). Oui mais voilà. Une lettre égarée et retrouvée va provoquer l'écroulement de la pyramide fragile des liens qui unissent ce petit monde.

Cécilia vend avec efficacité et succès des Tupperware tandis que son mari réussit dans les affaires. Leurs trois enfants sont superbes. Tout va bien. Sauf que la maniaque du rangement qu'est Cécilia découvre par hasard dans les archives de son mari  une lettre qui lui est adressée, accompagnée d'une recommandation : à n'ouvrir que s'il décède...Cécilia n' a peut-être pas lu Barbe-bleue, en tout cas la curiosité l'emporte sur la prudence et ce qu'elle y découvre bouleverse profondément l'image qu'elle pouvait avoir de celui qui partage sa vie depuis de nombreuses années . D'autre part, les conséquences impliquent aussi d'autres personnages, ceux-là même dont on se demandait quels liens pouvaient exister entre eux. 

Et l'on se retrouve peu à peu au coeur d'une intrigue sordide, qui refait surface après des années à la manière d'une lame de fond qui va tout emporter sur son passage.
Les personnages sont intéressants parce qu'ordinaires, et leurs réactions face à l'adversité est bien traitée. Cécilia m'a beaucoup fait pensé à Evelyn , l'héroïne de Beignets de tomates vertes, dans son apparente aisance qui cache un questionnement et une remise en cause permanente.
Les relations dans les couples, qu’ils soient récents ou plus anciens sont passées au crible pour mieux en cerner les dysfonctionnements.

L’histoire se déroule en Australie, de Sydney à Melbourne, mais aurait pu prendre place à peu près n’importe où, là ou la civilisation est inondée de boites de plastique qui sont censées vous changer la vie

Une remarque sur le prologue, qui reprend un épisode de la mythologie , très revisité, et qui donne le ton du récit, et incite à poursuivre avec enthousiasme

Liane Moriarty est devenue rapidement un auteur à succès. 

Même si ce n'est pas un critère absolu, (on a connu de grosses daubes caracolant en tête des ventes), Le secret du mari a tout de même tenu un an dans la liste des best-sellers du New-York Times, a été traduit en 35 langues et CBS a acquis les droits pour une adaptation ciné, pas mal pour une jeune australienne. Et il est très tentant de confirmer cette bonne première impression en explorant Big little lies, même s’il n’est pas traduit en français à ce jour.




Pauvre, pauvre Pandore. Zeus lui confie une mystérieuse jarre et l'envoie ici-bas pour épouser Epiméthée, un type passablement intelligent qu'elle n'a jamais vu de sa vie. Personne ne lui dit de ne pas ouvrir la jarre. Bien évidemment, elle l'ouvre. De toute façon, elle n'a rien d'autre à faire. Comment pouvait-elle savoir que les maux les plus vils s'en échapperaient pour tourmenter l'humanité à jamais, et que seul l'espoir y resterait enfermé ? Une étiquette de mise en garde, c'était trop demander ?
Ensuite, tout le monde y va de son petit commentaire : "Ah, Pandore ! N'as-tu donc aucune volonté ? Petite fouineuse, on t'avait bien dit de ne pas l'ouvrir cette boîte. Typiquement féminin, cette curiosité dévorante. Regarde ce que tu as fait." Alors, primo c'était une jarre, pas une boîte ; et deuzio - combien de fois va-t-il falloir qu'elle le répète ? - personne ne lui avait dit de ne pas l'ouvrir !

*


Je ne suis qu'une enfant songea t-elle en frappant à la porte. Une enfant de quarante ans en pleine pré-ménopause.




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