lundi 21 mars 2016

Léviatemps

Maxime Chattam







  • Broché: 443 pages
  • Editeur : Editions Albin Michel (29 septembre 2010)
  • Collection : LITT.GENERALE
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226215301
  • ISBN-13: 978-2226215307











Un polar qui flirte avec le fantastique en explorant les sources de la création littéraire.

Nous sommes au tout début du vingtième siècle alors que Paris déploie des trésors d’ingéniosité pour épater les visiteurs de l’exposition universelle. Montmartre est quasiment à la campagne. La rue Monjol est un haut lieu de la misère humaine, hanté par macs abjects et prostituées repoussantes. 
A quelques rues de là, Julie règne sur le Boudoir de soi, une maison haut de gamme, même si la finalité est identique : procurer à des clients nantis quelques heures de plaisirs tarifés.

C’est là que Guy, écrivain à succès malgré lui, s’est réfugié pour fuir un destin qui ne lui convenait plus.

Tout commence lorsque le cadavre atrocement mutilé d’une des filles de la maison close est retrouvé devant l’établissement. La police ne semble pas motivée pour éclaircir l’affaire et c’est donc Guy qui va s’y coller, aidé par un jeune enquêteur qui connaissait (bibliquement ) la victime, et l’une des courtisanes.

La mise en scène macabre est impressionnante et d’emblée les pratiques sataniques sont évoquées. Ce qui conduira notre équipe d’investigation vers un cercle ésotérique pas vraiment enclin à révéler ses agissements.



Le fantastique prend place à petites touches, créant le doute chez le lecteur : de quel côté va pencher la balance, scientifique ou magique? On retourne le goût de l’auteur pour les grosses bêtes qui hantent les égouts de la ville, et le spiritisme fait partie de l’enquête .
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Voilà un roman de bonne facture, documenté, avec des personnages plutôt intéressants, même si un peu caricaturaux. Les méthodes de déduction utilisées par l’écrivain sont un peu tirées par les cheveux, mais il est vrai qu’à cette époque, l’outil principal d’un enquêteur était son cerveau. C’est le début de l’entomologie médico-légale, utilisant les insectes pour dater un cadavre. Nos justiciers amateurs ont aussi recours à la graphologie et n’hésitent pas non plus à se référer aux théories naissantes  de la psychanalyse pour comprendre le processus psychique qui a conduit aux meurtres et ainsi identifier le criminel. L’écriture est fignolée et agréable. 


Cette deuxième incursion dans l’univers de Maxime Chattam, après les quatre premiers tomes d’Autre-monde, consolide mon opinion favorable pour cet auteur.



Les livres d'histoire ne s'intéressent jamais qu'aux grands noms, jamais à ces petites gens comme vous et moi qui l'écrivent pourtant avec leur sang, et sans qui il n'y aurait pas d'Histoire.

*


Ce qui était le plus décevant, au final, c’était de savoir qu’il lui faudrait vivre dans l’ignorance de la vérité. Car la vérité de chaque homme n’appartient qu’à lui et à son histoire, celle de l’ombre, celle qui s’inscrit dans les ténèbres de nos cerveaux.

*

La maîtrise du temps était-elle synonyme d’apaisement ? Quiconque contrôle le temps peut figer une émotion et refaçonner les souvenirs.








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