vendredi 29 avril 2016

Légendes d'automne

Jim Harrison







  • Poche: 320 pages
  • Editeur : 10 X 18 (25 juin 2010)
  • Collection : Domaine étranger
  • Langue : Français
  • Traduction( Anglais):  Serge Lentz
  •  ISBN-10: 226405221X
  • ISBN-13: 978-2264052216








D’une plume sans artifice, simple et robuste, claire et sans détour, Jim Harrison dépeint dans ce recueil de 3 grosses nouvelles, trois univers reliés par un lien ténu, celui de la vengeance qui donne  un titre au premier récit , mais aussi cohérents au regard de l’écriture, superbe. 

Avec Une vengeance, l’auteur conjugue amour et violence, par le truchement d’une histoire d’adultère avec une erreur de casting sur le choix du cocu, magnat du commerce de substances illicites, avec ce que cela implique du soutien de réseaux tentaculaires. Autrement dit, l’amant pourrait y laisser la peau, et c’est ainsi que débute le propos : un homme mourant est secouru par un paysan et sa fille. Le temps de panser ses blessures, l’homme mûrit son plan de route pour retrouver sa belle et punir son agresseur

L’homme qui changea de nom est la plus moderne, la plus contemporaine des trois, se déroulant en milieu urbain, loin des grands espaces du Montana. Un homme mûr danse, seul, sans grâce mais avec entrain. Et c’est le flashback pour nous restituer le cheminement du personnage de son enfance à sa solitude présente, en passant par ses premières amours, et par sa réussite sociale que reflète son conformisme d’apparat . 

Jim Harrisson est le chantre des peuples disparus, sacrifiés sur l’autel de la conquête légitimée. Avec Légendes d’automne, c’est un simple sursis qui est accordé aux descendants des conquérants. L’éphémère tient lieu d’éternité, malgré l’incarnation intense des personnages.
Le fils rebelle, dans une fuite perpétuelle, et tout aussi vaine, crée la dissonance face à à l’ancrage familial, mis à mal par les coups du sorts. Tous sont fous de chagrin, malades de regrets. Il faut une béquille surnaturelle pour ne pas imploser à chaque malheur inique : celui qui ne tire qu’une fois est cet homme là. Mais chacun des personnages est en lui même un héros même si c’est Tristan qui capte l’attention tel un trublion agité. Le deuil a des séquelles complexes.

Il faut parfois une disparition pour se pencher sur l’oeuvre d’un écrivain, fut-il mondialement célébré et reconnu comme un talent exceptionnel.
Le recueil Légendes d’automne offre cet avantage de mettre en évidence ce talent à travers trois récits différents, qui soulignent l’éventail varié des productions écrites. Et incitent à poursuivre plus loin l’exploration de l’univers romanesques de cet écrivain de légende (et pas seulement d’automne).




Il y a peu de choses à dire au sujet du bonheur ; il se contente d'être lui-même, placide, presque somnolent. C'est un état que l'on adopte d'un cœur léger mais avec un esprit parfois torturé.

*

Rien n’est plus absurde que la rencontre d’un enfant et d’une balle de fusil.

*

La perte de deux êtres aimés sur un période de quatorze an n'a rien d'exceptionnel, sauf pour celui qui les pleure. Il perd avec eux tout sens de ce qui est habituel et s'enfonce dans une éternelle réflexion sur ce qui reste et ce qui aurait pu exister










Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire