vendredi 13 mai 2016

Le mystère Henri Pick

David Foenkinos






  • Broché: 288 pages
  • Editeur : Gallimard (1 avril 2016)
  • Collection : Blanche
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070179494
  • ISBN-13: 978-2070179497






Où est passé l’auteur du Potentiel Erotique de ma Femme ? A un moindre degré celui de La Délicatesse et de Je vais mieux? Est-il en train de postuler pour la bibliothèque des manuscrits refusés?
Parce que là on a une super bonne idée de base, un lieu où les auteurs recalés pourraient déposer le cadavre de leur production sur une étagère en compagnie de leurs compagnons d’infortune. En plus on y ajoute un zeste de mystère : un manuscrit semble sortir du lot, et intrigue Delphine, qui travaille chez un grand éditeur parisien. D’autant que l’auteur présumé était un pizzaïolo peu communicatif (même pour écrire le menu de son restaurant). On a quand même de la matière pour entraîner le lecteur sur toutes ces pistes.

Mais voilà le soufflé retombe vite, dès les premières pages, en raison d’un style d ‘écriture d’une grand indigence. J’ai eu l’impression de feuilleter un de ces romans régionaux, pseudo-polars censés se passer dans ces stations balnéaires où l’on passe des vacances : Meurtres à La Rochelle, Les mystères des grottes bleues de Douarnenez…
Et encore, souvent dans ce style de production, on a l’avantage de profiter de la description des lieux. Ici, même pas. Crozon, sans la mer, sans les sentiers, sans les couchers de soleil, juste une petite incursion au cimetière, qui pourrait être n’importe quel cimetière . Ce n’est pas moi qui le dis, mais l’auteur lui-même : 
« A Crozon, ce jour-là, il pleuvait démesurément, on ne voyait rien, si bien qu’on aurait pu être partout ailleurs » !
Même chose pour les passages à Rennes, aucune identification possible des lieux.

Les propos sont lourdement commentés, avec des notes en bas de pages inutiles, pour lecteur débile. Elles  n’auraient pas alourdi un texte aussi léger.

Certes quelques phrases se veulent humoristiques. Certaines même y parviennent, mais quand on lit : 

«  Il commanda à son tour un verre de rouge et ils se mirent à parler sans le moindre blanc »

Faut-il en rire? ou en pleurer…

Et des dialogues quand même étonnants : 

« Non je n’ai rien caché. Après toi, il n’y a eu personne. J’aurais pu mais je ne pas pu »

La psychologie des personnages se fait à la truelle.

Et puis des drôles de personnifications : 

« Le liquide se retrouve donc confronté à deux routes dans le corps et doit choisir; chez Rouche, il avait emprunté le chemin négatif agrémenté d’une pointe de dénigrement ». 

Pas compris. Et puis zut, on est dans la collection Blanche de Gallimard, quand même! 

Quant au mystère, il n’est pas bien difficile à élucider. 

L’auteur semble hésiter à choisir un genre  : humour, analyse sociologique du milieu de l’édition, bluette sur fonds de littérature, polar…


Bref une grosse déception, alors que j’ai été très fan des écrits de Foenkinos. A un tel point que je vais relire ceux que j’ai aimé pour voir si c’est lui ou moi qui ai changé.

1 commentaire:

  1. Je n'aurais pas pu mieux le dire! C'est exactement de que j'ai ressrnti en lisant ce livre

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