lundi 9 mai 2016

Les rêves sont faits pour ça

Cynthia Swanson






  • Broché: 384 pages
  • Editeur : Mosaic (4 mai 2016)
  • Collection : Mosaïc
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) :Maryline Beury
  • ISBN-10: 2280342863
  • ISBN-13: 978-2280342865







Aller au bout de ses rêves…
Kitty est libraire, associée à sa meilleure amie, et tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes si le centre de la ville n’était pas en train de mourir, depuis que les complexes commerciaux périphériques détournent la clientèle, et que le tram qui s’arrêtait près du magasin a été supprimé. Autrement dit les temps sont durs pour les deux jeunes femmes.
Elles sont célibataires, « vieilles filles » (on est dans les années cinquante), et les quelques tentatives de trouver l’âme soeur en utilisant les petites annonces ont échoué, la dernière sur un rendez-vous raté.

Et curieusement cette histoire refait surface via un rêve,  de ceux qui laissent des traces au-delà du petit matin, un rêve où le rendez-vous a eu lieu : Kitty est mariée à cet homme qui l’appelle Katharyn et est mère de petit enfants tout blonds. Une sorte de vie fantasmée, avec cette conscience que l’on peut avoir d’être en train de rêver.
Il n’empêche que ce rêve la perturbe, d’autant qu’il devient récurrent et inéluctable : pas moyen de s’assoupir sans se retrouver dans ce monde décalé de quelques mois.
Ce pourrait être un refuge confortable, si peu à peu cette vie idéale ne laissait apparaître ses failles et que  le bonheur tranquille apparent ne cachait pas de sombres malheurs.


L’intrigue est bien construite, même si le fin mot de l’affaire se laisse deviner assez rapidement, mais peu importe, l’auteur sait alimenter le suspense en créant des zones d’ombres dans le récit, et en dévoilant peu à peu le mystère, comme un puzzle dont les pièces maitresses se mettent progressivement en place.

Un autre atout du roman est bien sûr le cadre de la librairie, prétexte pour parler de littérature, et particulièrement des auteurs américains des année cinquante, Katherine Ann Porter et La nef des fous, alors que Henry James a publié Portrait de femme et que Steinbeck vient de publier L’hiver de notre mécontentement. Autant de titres qui donnent envie de lire ou de relire.

Il est peu probable que ce roman fasse date dans ma mémoire, mais dans les mains d’un bon réalisateur, on imagine sans peine une adaptation ciné (pourquoi pas Renée Zellweger dans le rôle de  Kitty et Colin Firth en Lars?)


Merci à Babelio et aux éditions Mosaïc pour leur confiance .





Mes périples nocturnes tendent plutôt vers le fantastique, avec des rêves qui bouleversent toute notion conventionnelle d'espace et de temps. Je pense que c'est à cause de tous ces livres que je lis

*

Si Porter était décédée en 1918, elle n'aurait jamais écrit La Nef des fous. La femme en tailleur bleu ne serait jamais venue dans ma boutique pour le chercher. Je n'aurais jamais eu cette occasion si embarrassante de lui demander ce qu'avait sa fille, et je n'aurais donc pas appris - du moins pas de cette manière - ce cavait mon propre enfant dans ma vie rêvée. 
C'est drôle comme tout tient à peu de chose




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