vendredi 10 juin 2016

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire

Lemony Snicket








  • Broché: 192 pages
  • Editeur : Nathan Jeunesse (14 mars 2002)
  • Collection : Orphelins Baude
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Rose-Marie Vassalo
  • ISBN-10: 2092823531
  • ISBN-13: 978-2092823538










La vie des enfants Baudelaire, c’est tout un poème, mais un poème pas drôle du tout. Un incendie les prive de  leur maison, de leurs livres, et accessoirement de leurs parents, qui avaient imaginé au cas où ils viendraient à disparaître, les confier à un parent. Pas de pot, après un bref séjour chez Mr Poe, les voilà recueillis par un horrible bonhomme, moche, sale, méchant et qui en veut à leurs sous, c’est à dire à l’héritage que leurs parents leur ont laissé mais dont ils ne pourront profiter qu’à la majorité de Violette, l’ainée des trois enfants.

Taillables et corvéables à merci, hébergés dans des conditions que la protection sociale de l’enfance dénoncerait illico (faire dormir un bébé dans un bout de rideau, tandis que les deux autres se relaient dans l’unique lit inconfortable et crasseux!), les deux ainés mettent à profit leur intelligence et leurs compétences pour se sortir de ce mauvais pas.

C’est une  série à succès mais qui m’a bien déçue. C’est naïf,  peu réaliste (car enfin, les enfants semblent plus regretter le confort de leur maison que l’absence de leurs parents, pas évoquée, pas génératrice d’un quelconque désespoir). Il est vrai qu’un clou chasse l’autre et que les circonstances les contraignent à agir pour se sortir du traquenard dans lequel ils sont tombés. Mais quand même.
Des petites notes d’humour, issues souvent des borborygmes de Prunille, allègent le propos, mais le sujet ne porte pas vraiment à rire. 
On est finalement dans un récit aux allures de conte, pas loin du petit Poucet (enfants abandonnés par les parents, devant compter sur eux-même et leurs compétences pour survivre)  , mais il manque une dimension allégorique. Le récit semble trop ancré dans la réalité pour permettre le recul nécessaire.
La marge entre le ton plutôt léger et la gravité du fonds de commerce de l’histoire me laisse perplexe pour évaluer quel public est visé : les tout petits mais c’est quand même anxiogène à un âge où on ne généralise pas forcément, les plus grands, mais le style est quand même très peu élaboré, et truffé d’explications qui ne sont pas nécessaires pour des pré-ados.


Enfin une  question : pourquoi faire référence aux deux grands poètes que sont Baudelaire et Poe? Les autres tomes de la série fournissent peut-être la réponse, mais je ne suis pas sûre d’avoir l’envie de poursuivre l’aventure.

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