lundi 15 août 2016

Passé Parfait

Leonardo Padura






  • Poche: 276 pages
  • Editeur : Points (7 mai 2008)
  • Collection : Points Policier
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (espagnol) : Caroline Lepage

  • ISBN-10: 2757809385
  • ISBN-13: 978-2757809389










Premier opus de la Suite hispano-américaine, Passé Parfait met en scène le flic récurrent qui mènera les enquêtes imaginées par Leonardo Padura.

L’ambiance cubaine es au rendez-vous à travers les allusions répétées, mais discrètes aux difficultés d’approvisionnement, les « camarades » qui ponctuent les dialogues lorsque les échanges sont un tant soit peu formels, les cigares que fume le chef. On se promène une fois sur le Malecon et  l’on retrouve ces noms de rue réduits à une simple lettre. Elle l’est moins par la musique, car les protagonistes de l’histoire sont plus attirés par les Mamas and Papas ou Credence clearwater revival que par Buena vista social club.

Quant à notre flic censé nous accrocher, nous lecteur, pour faire de nous des aficionados de ses déboires, il est comme il se doit attiré par l’alcool (le début donne le ton : Mario Conde se réveille le lendemain d’une colossale cuite au rhum, le crâne comme une pastèque trop mure, et l’on se dit que , dans une telle ambiance, ça va être chaud de trouver les coupables), sa vie sentimentale est un vaisseau fantôme qui fait escale sur des îles aux sirènes callipyges. Et il a un truc, une faculté de repérer le détail qui tue, la fausse-note dans le témoignage, bref, le super flic dont on tolère les frasques parce qu’il n’ a pas son pareil pour vous démêler un sac de noeud et faire le clair là où la plupart nagent dans le brouillard.

Quand on est familier des polars contemporains, tout cela est peu original. Il faudrait alors que l’intrigue qui constitue la trame du roman tienne la route.

Ici, Mario a connu le disparu qui fait l’objet de l’enquête, puisque cet enfoiré lui a même piqué la femme de ses rêves pour l’épouser. C’est donc l’occasion de retrouver la jeune femme, que les années n’ont pas rendue moins désirable. 

Si le polar est un prétexte pour lever le voile à travers de discrètes allusions aux difficultés de la vie quotidienne dans un pays sous embargo (nous sommes en 1989), c’est plutôt réussi et c’est adroit. 

Par contre, il y a tant de Wallander, de Harry, Cole ou Bosch, et de Fin McLeod, qu’ajouter un héros cassé de plus à la collection n’est pas indispensable, mais ce n’est pas rédhibitoire non plus. 


Une alternative politiquement plus incorrecte au polar nordique. A suivre?….




Dans les enquêtes il y a des antécédents, des évidences, des pistes, des soupçons, des prémonitions, des illuminations, des certitudes, des faits statistiques et comparables, des empreintes, des documents et beaucoup de hasard, mais rien d'aussi trompeur et erroné que les préjugés.

*

Le travail de Manolo mettait en relief la rhétorique bureaucratique de l'homme et son éthique stricte consistant, jusqu'à preuve du contraire à toujours défendre son chef où qu'il soit .



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