mardi 6 septembre 2016

Daddy love

Joyce Carol Oates






  • Broché: 270 pages
  • Editeur : Philippe Rey (7 avril 2016)
  • Collection : ROMAN ETRANGER
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Claude Seban
  • ISBN-10: 2848765100
  • ISBN-13: 978-2848765105









Pas besoin de mille pages pour marquer les esprits : Joyce Carol Oates n’y va pas pas quatre chemins pour conter l’horreur de la violence humaine. 

L’entrée en matière est surprenante. après avoir parcouru le premier chapitre, on a un doute : c’est avec les mêmes mots que débute le deuxième chapitre! Une erreur d’impression? Non, quelques mots différent et d’autres détails arrivent. Même chose pour les deux chapitres suivants : un exercice de style?  Cet artifice donne finalement du relief à la scène inaugurale, et la transforme en obsession, en rumination inévitable que génère tout drame, pour reconstruire ce que l’histoire aurait pu être si….

Le rapt de l’enfant et l’accident de sa mère sont alors mis de côté pour que l’on passe du côté de la victime.  Sans pudeur, L’auteur décrit avec précision et méticulosité le fonctionnement du prédateur, qui va formater son butin, le rendre conforme à son désir pervers, avec cruauté et jamais une once de compassion. C’est à la limite du soutenable.
Curieusement après avoir décrit le calvaire du petit garçon avec luxe détails, six ans s’écoulent et l’on comprend bien que la fin de cette relation dévastatrice est proche. L’enfant a perdu son charme, il est temps de le remplacer. C’est alors que l’auteur décrit avec adresse le ressenti de ce presque adolescent, des sentiments contradictoires faits de haine et d’un attachement proche du syndrome de Stockholm.

Pendant tout ce temps, six ans, la mère panse ses blessures physiques, celles de l’âme sont beaucoup plus tenaces et l’image de la petite main qu’il n’aurait pas fallu lâcher est là, bien présente et obsédante. La reconstruction d’un corps crée des douleurs avec lesquelles on peut vivre, la souffrance d’une absence quotidienne est beaucoup plus délétère.

L’issue de ce récit dense et riche, laisse par contre un sentiment d’inachevé, comme si l’auteur déléguait au lecteur la mission de s’en débrouiller; C’était déjà le cas avec Mudwoman.


C’est donc une construction assez originale que nous propose Joyce Carol Oates, avec ce début répétitif, puis deux périodes espacées de six ans et une fin pas vraiment finie….Au risque de ne garder le souvenir que des moments les plus pénibles.


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