dimanche 23 octobre 2016

Mon dernier continent

Midge Raymond







  • Broché: 306 pages
  • Editeur : Stock (2 novembre 2016)
  • Collection : La cosmopolite
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (anglais) : Carole Hanna
  • ISBN-10: 2234080991
  • ISBN-13: 978-2234080997








Prêts à partir pour le sud? OK mais ne vous y trompez pas. Oubliez les tongs et les bermudas! Car c’est du sud le plus austral dont il s’agit. Le domaine des manchots et des léopards des mers , du moins tant que  la banquise résistera aux assauts des caprices du climat, qui déciment les légitimes occupants de ces lieux inhospitaliers.

Sur ces terres dont l’accès est réservé à quelques privilégiés, professionnels pour la plupart, Deb effectue des missions de recensement pour l’Atlantic Penguins Project, tout en guidant les groupes de touristes, de plus en plus nombreux (beaucoup trop,  compte tenu de la fragilité de la faune autochtone, contaminée par virus et bactéries contre lesquels elle n’a pas appris à lutter)

C’est son histoire et celle de ses deux amours, pour ce continent hostile mais d’une beauté sublime, et pour Keller, qui est arrivé ici pour mieux fuir d’anciens fantômes. On sait dès le début que le drame surviendra, et que cet amour est voué au malheur. 

L’on peut craindre en parcourant les premiers chapitres, de devoir subir une bluette aux effluves d’eau de rose. La faute revient sans doute à la construction, très tendance dans les romans contemporains, mais dont je ne comprend pas l’intérêt si ce n’est de provoquer un questionnement artificiel. Et dans ce roman, c’est alambiqué : tout s’articule autour du naufrage de l’Australis, un paquebot de tourisme. La période précédent le naufrage  est découpé selon un calendrier qui nous en rapproche, et ces chapitres alternent avec une rétrospective de plus en plus lointaine de la vie des personnages. Je ne suis pas sûre que c’était nécessaire…

Malgré cet écueil, on est vite sous le charme de ce continent blanc, qui ne se laisse pas aborder facilement, et qui est le témoin à charge des conséquences dramatiques de l’évolution difficilement contrôlable de notre planète. 
Dans ce récit qui peut s’inscrire sans aucun doute dans le genre nature-writing, les personnages et leurs casseroles nous séduisent rapidement par leur authenticité et leurs faiblesses, qu’ils camouflent tant bien que mal derrière la passion que leur inspire leur combat (vain?) pour l’environnement.


Merci à l’équipe de Babelio et aux éditions Stock pour m’avoir proposé de découvrir en avant-première cet excellent roman.














Parce que le corps de Keller appartient désormais à l’océan Austral, j’aime à croire qu’on le verra un jour, grâce à une fata morgana, debout parmi un groupe de manchots, son bandana rouge au cou, clignant des yeux sous le soleil. Qu’il nous apercevra à son tour et sourira. Qu’il nous dira, comme il le faisait, Fin del mundo, et que nous lui répondrons, Principio de todo.
Le bout du monde, le début de tout.

*

- Je me demande à quoi sert une association qui a pour but de protéger l’environnement si elle autorise ce genre de bateaux de croisière à y adhérer. 



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Packs, floes, glaçons, sarrasins, plaques, frasil... Il existe tellement de mots pour désigner les différents états de la glace en Antarctique. Et tellement de risques pour un navire dans ce milieu hostile.





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