vendredi 3 mars 2017

L'amie prodigieuse tome 3 Celle qui fuit et celle qui reste

Elena Ferrante







  • Broché: 480 pages
  • Editeur : Gallimard (3 janvier 2017)
  • Collection : Du monde entier
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070178404
  • ISBN-13: 978-2070178407









Pas de surprise pour ce troisième épisode de la saga napolitaine. Nos deux adolescentes, sont devenues des jeunes femmes, qui tentent tant bien que mal de tenir les rênes de leur destin. Illusion : tout est écrit. Pas dans un prédicat ésotérique, mais bien dans les mailles du filet tissé par le contexte historico-social, renforcé par la trame de leur appartenance à une famille bien spécifique.
L’heure est à la construction d’un couple, qui va de pair avec l’idée d’une descendance, sans choix  réel : la conscience d’une entrave à l’évolution d’une carrière universitaire est bien présente chez Elena, mais la pilule se distribue sous le manteau,. Le piège se referme sur la jeune femme, qui vit des heures lourdes et désespérantes auprès de Pietro, que nous découvrons très différent du fiancé épris.
Pendant ce temps, les liens qui unissent les deux amies se relâchent, le fossé se creuse et pourtant ce qui les rapproche, c’est cette ambiance de guerre civile qui a marqué les années de plomb en Europe de l’Ouest, particulièrement en Italie où l’activisme politique est violent.

A Naples, les luttes de rue qui opposaient les clans rivaux sont toujours présentes : ce qui a changé c’est l’âge des protagonistes et les méthodes (en gros, on joue toujours au Monopoly, mais avec des vraies rues et des vrais billets). 

L’auteur fait évoluer ses personnages avec un grand talent. Les traits se sont creusés et les défauts accentués mais on reconnait derrière chaque figure, l’enfant qui subissait ou dominait. La roue tourne , mais sur elle même.

C’est bien sûr Elena qui reste au centre de la narration. C’est à travers son regard que l’on vit cette période troublée . Toujours écartelée entre ses origines et ses ambitions, que la maternité met à mal, elle est plus que jamais à mes yeux le pendant italien de notre Annie Ernaux. 


Le récit n’a rien perdu de son intérêt, tant historique que romanesque et c’est avec impatience que je vais guetter la parution du quatrième épisode.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire