vendredi 5 mai 2017

Continuer

Laurent Mauvigner









  • Broché: 240 pages
  • Editeur : Les Editions de Minuit (1 septembre 2016)
  • Collection : ROMANS
  • Existe en version numérique 
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2707329835
  • ISBN-13: 978-2707329837









De temps en temps, on a la chance de tomber sur un roman, qui , bien que n’ayant rien à voir avec le genre thriller, nous tient en haleine sans répit. 

Inspiré d’un fait divers, l’auteur met en scène un ado et sa mère. Rébellion, qui prend la forme de délinquance, solitude  et désespérance de la quarantaine avec un bilan très mitigé, ces deux là sont mal dans leur peau. 

Au delà des bouderies ordinaires avec casque soudé aux oreilles, Samuel se retrouve impliqué dans  une affaire qui se termine au commissariat. C’est une erreur fatale : les parents se déchirent sur les sanctions à appliquer. Mais Sybille tient bon : elle partira avec son fils au Kirghizistan, pour une randonnée de trois mois à cheval. 

C’est là que le titre prend tout son sens.

Continuer malgré le poids des échecs passés, des espoirs perdus, qui ont au delà du manque scellé un anathème. 

Continuer malgré le danger, réel, des rencontres inopportunes, des pièges qu’un sol inconnu tend au voyageur novice, de la lourdeur des silences qui masquent le blâme. 

Mais continuer pour un sourire et une main tendue, une soirée de partage dans la chaleur d’une yourte, pour la beauté d’un paysage grandiose, pour la communion au-delà des mots avec les chevaux, qui sont bien plus qu’un moyen de se déplacer. 

Continuer parce que le retour en arrière est impossible, continuer pour que demain ne soit pas pire qu’hier.

La beauté des paysages, la communion avec les chevaux inscrivent ce roman dans le genre nature-writing, le nombrilisme en moins le charme de l’écriture ciselée en plus.

Fortement recommmandé



Ce soir, comme tous les soirs, il regarde le soleil qui descend, les montagnes, l'horizon, et il demande à sa mère, avec la même intonation précautionneuse et coupable : Dis tu me montres le pistolet? Je peux regarder le pistolet?

*

Et simplement parce que le jour décline, que le soleil est moins brûlant, les faces rocheuses se piquant d'ombres déjà moins fortes et de coupures moins abruptes, dessinant des lignes des nuances, des reflets mauves et jaunâtres de fond du jour, le crépuscule allant baigner d'un flou grisé l'horizon et les montagnes, le ciel et les plaines en contrebas, alors on se lance à corps perdu, le corps penché sur le cou du cheval, le nez et la bouche en prise avec la crinière et les mains refermées sur les touffes de crin, les jambes plaquées contre les flancs qui s'agitent, et les muscles qui roulent et les chevaux comprennent et s'élancent en fendant le vent....






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