vendredi 19 mai 2017

Portrait de groupe avec parapluie

Violette Cabesos







  • Broché: 368 pages
  • Editeur : Albin Michel 
  • Collection : LITT.GENERALE
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226328742
  • ISBN-13: 978-2226328748








Une enquête picturale qui nous mène sur les traces des peintres de la première moitié du vingtième siècle
L’histoire commence doucement, avec une longue mise en place des personnages, qui donnent sa couleur au roman : un architecte frustré, qui tient des propos de plus en plus inquiétants, les trois comparses de la Butte-aux-Cailles, Marthe à qui la retraite et le veuvage ont permis d’assouvir sa passion cachée, la peinture, Jacote,  une ancienne bistrotière, dont le langage fleuri n’aurait pas démérité chez Audiard, et Nastia, la belle slave qui « vivait seule avec les souvenirs d’un pays disparu, d’une famille éteinte ». Sans oublier le bouledogue anglais incontinent des glandes salivaires. Que serait un polar sans son commissaire? Cointreau n’en faut (oups je n’ai pas pu résister!)  :  c’est un malin qui ferait presque de Marthe une cougar.

Avec cette équipe haute en couleurs, pas moyen de s’ennuyer une seconde. D’autant que Violette Cabesos a un vrai don pour greffer sur le récit une somme de matériaux sur le thème du Montmartre des peintres, pas ceux qui attirent le touriste autour de croûtes improbables, mais ceux qui ont fait naître le fauvisme, le cubisme , l’impressionnisme. Ils prennent  vie dans le discours du tueur psychopathe, dont les confidences mêlent habilement faits historiques et fiction, au point de ne pas pouvoir toujours les distinguer. Modigliani, Soutine, Picasso, Derain, entre la Ruche et le Bateau-Lavoir , 

« Nous étions quelques-uns 
Qui attendions la gloire 
Et bien que miséreux
Avec le ventre creux
Nous ne cessions d'y croire »

chante Aznavour. C’est ce quotidien-là que nous revivons, avec l’amitié, le partage mais aussi la concurrence et les mesquineries. On prend conscience de la faible marge qui existe entre un artiste connu et destiné à une gloire le plus souvent posthume, simplement parce qu’un marchand  l’aura repéré et mis sur le marché et une foule de rapins qui resteront dans l’anonymat pour l’éternité.


A lire avec un accès à une documentation illustrée sur la peinture , pour contempler les oeuvres citées




Zieute la clientèle! fulmine Jacote. Des tronches à chichi-gratin montées sur spaghettis! Ma parole, elles font carême depuis leur naissance ou elles becquettent à la table qui recule? Et c'est avec ça qu'ils comptent faire leur beurre, les deux singes?


*

Du château-la-pompe! Du pousse-moulin, de l'anisette de barbillon! Ils vont vendre de la rinçure au prix du pichtegorne et ces grenouillards vont l'acheter,  alors qu'ils l'ont gratis au robinet?

*

Non, on a fait les entonnoirs à pattes! s'exclame Jacotte. Une mufle historique chez Mimile, rue Croulebarbe. Fallait ça, pour laver l'affront. Foutredieu, ça faisait des lunes que j'avais pas au les narines à l'envers et les lunettes en peau de saucisson.



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