mardi 20 février 2018

La fissure

Jean-Paul Didierlaurent







  • Broché: 327 pages
  • Editeur : Au Diable Vauvert (16 janvier 2018)
  • Collection : LITT GENERALE
  • Existe en version numérique  
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1030701722
  • ASIN: B075KN4FZZ









Quelle est cette lézarde qui se camoufle derrière une vigne vierge? Brutalement apparue dans le champ de vision de Xavier, elle constitue immédiatement une menace. Un pas vers l’écroulement . De la maison de vacances? ou d’un univers fragile parce que subi? Il est vrai qu’elle ne fait pas rêver la vie de Xavier. Vendre des nains de jardin, ça ne fait sans doute pas partie des options envisagées quand on demande à un gamin ce qu’il aimerait  faire de sa vie. C’est juste un moyen pour créer un décor qui ressemble à une vie heureuse, si l’on considère que l’absence de soucis matériels suffit à s’épanouir. 

Elle est donc là , indubitablement cette anomalie dans le paysage. Et à peine repérée, elle commence à bouleverser l’univers pépère , pour ne pas dire plan-plan de Xavier. Jusqu’à des tribulations insensées et inattendues, pour retrouver l’origine de la faille.

Jean-Paul Didierlaurent n’hésite pas à flirter avec le fantastique, en donnant une âme à ces lutins facétieux pour déco kitsch. Gimini cricket (ou son double maléfique ) guide le héros sur un chemin hasardeux mais salutaire.

Récit plutôt plaisant, qui cache assez bien le point d’orgue de la quête, la cause de la fissure. 

On n’est pas loin de l’univers de Jonathan Coe, avec La Vie très privée de Mr Sim, qui mettait en scène un pétage de plomb similaire chez un commercial qui essayait de refiler des brosses à dents écologiques…

L’humour sert à masquer le désespoir, et l’auteur n’hésite pas à sacrifier les belles-mères sur l’autel du ridicule : 

« La pintade gisait au sol, exposant indécente au regard son croupion farci aux pruneaux. Il en allait de même avec la belle-mère la farce en moins .Suzanne Lacheneuil pataugeait sur le carrelage au milieu du jus de viande en gémissant ».

Dans le trio des publications de Jean-Paul Didierlaurent, cet opus occupe la deuxième place d’un palmarès tout personnel.  


La question finale est  : faut-il laisser pousser les vignes vierges pour masquer les fissures?

Merci à Babelio et aux Editions Au Diable Vauvert pour leur confiance



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